Aide sur la recherche

Groupe UMP du Sénat > Accueil > EUROPE > Regards sur l’Europe > L’Europe, l’histoire et le monde
L’Europe, l’histoire et le monde
Par Josselin de ROHAN, Président du groupe UMP , sénateur du Morbihan

Descartes le soulignait déjà : dans l’ordre politique, il est plus facile de briser que de reconstruire.

Le projet européen ne fait pas mentir, et de loin, l’auteur des Discours de la méthode.



Si la première partie du XXe siècle fut celle de la destruction de ce « centre du monde » qu’avait été l’Europe, la seconde partie fut celle d’une longue volonté, aboutie, de bâtir, au lendemain d’hécatombes et de destructions stupéfiantes, la paix et la coopération entre des Etats et des peuples.

Des Etats et des peuples trop longtemps hérissés d’orgueil, de craintes et de haines.

Mais que demain, l’Europe dépasse ses légitimes ambitions économiques. Que demain, elle surmonte les obstacles, les conflits d’intérêts et ses incertitudes. Qu’elle réalise enfin cette « union »politique que le monde appelle. Alors, une fois encore, l’Europe aura été exemplaire !

Car, au terme de trente ans de « guerre civile européenne », elle aura su conjurer cette décadence fatale dont certains l’a croyaient définitivement accablée. Mais elle aura fait plus encore. Loin de seulement survivre, elle aura su puiser en elle-même la force de son renouveau et d’une présence renouvelée.

Ne nous y trompons pas ! L’adieu à l’Europe, maîtresse du monde, est définitif. Ne le regrettons pas. Si sa domination fut souvent rude et cruelle, elle n’en a pas moins semé aux quatre points cardinaux, les principes qui, aujourd’hui déjà, demain plus encore, nourriront l’évolution du monde. Peu ou prou, bon gré mal gré, le monde est l’héritier de l’Europe.

Les leçons qu’elle a tiré de son histoire, glorieuses ou funestes, ne doivent être perdues, ni pour elle-même, ni pour les autres. Elle ne peut, ni ne doit oublier que c’est de son extrême diversité jointe à une commune culture, que la « République européenne » - pour reprendre un terme cher aux auteurs du XVIIIe siècle - tira, hier, son dynamisme. Elle ne peut, ni ne doit oublier, qu’elle frôla plusieurs fois l’abîme quand l’un de ses fils tenta, en vain, de la dominer. S’il est vrai que la puissance résiste mal à la tentation de l’hégémonie, nous en avons trop goûté les fruits amers pour ne pas tenter de faire partager ce rude enseignement au reste du monde. Nationalistes repentis qui ont trop souvent rêvés à l’ombre du dieu Mars, impériaux apaisés, pacifiques raisonnés, les Européens savent désormais, que la coopération vaut mieux que la domination, la négociation que la coercition.

Encore faut-il,pour que son message soit entendu, qu’elle s’en donne les moyens.

Or, la voici, une fois encore, face à son destin et à un défi de l’histoire. Elle cherche à se donner une constitution politique inédite tout en s’efforçant de définir une identité et un espace en fonction des peuples qui la composent, de leurs histoires, de leurs représentations et de leurs mythes. L’Europe ne se définit pas uniquement en termes économiques, juridiques ou réglementaires. Elle n’est pas simplement un grand marché intérieur, un ensemble de textes contraignants qui s’imposent aux Etats et un espace institutionnel stable de démocraties où se conjuguent l’Etat de droit, les droits de l’Homme et le respect des minorités. Elle est aussi une communauté de peuples et un espace de civilisation forgé par une histoire millénaire.

Après l’union économique et monétaire, la construction de l’Europe doit se faire en deux directions :

-  l’un concerne la forme juridico-politique où il s’agit d’inventer une constitution inédite par rapport aux modèles fédéraux ou confédéraux traditionnels. C’est tout l’enjeu des travaux de la Convention, véritable pouvoir constituant, présidée par Valéry Giscard d’Estaing. Il s’agit de passer d’une Europe de la gouvernance, dominée par les décisions bureaucratiques, à une Europe démocratique fondant la légitimité de ses institutions et de son gouvernement sur l’expression de la volonté de ses citoyens. Dans le cadre de cette légitimation démocratique à inventer, la place des Parlements nationaux est tout à fait évidente et essentielle.

-  L’autre, condition substantielle, vise à réaliser une réelle communauté des peuples, liée à la prise de conscience d’une histoire et d’un héritage communs, et surtout, d’un destin commun. Le nouvel élargissement de l’Europe de 15 à 25 apparaît alors comme un nouveau défi. Indéniablement, il affecte directement le contenu interne de l’Union, même s’il s’agit pour l’essentiel de réintégrer à l’histoire européenne des pays qui lui ont été soustraits pendant plusieurs décennies par l’emprise soviétique. C’est donc un acte important dans la renaissance de l’Europe qui se reconstitue elle-même.

Enfin, le projet de sécurité et de défense commune. On peut en sourire, en souligner les difficultés, les impasses temporaires. On peut essayer d’y voir le retour d’une bellicosité que l’on croyait disparue. Autant d’excellentes raisons qui ne parviendront pas à lui donner tort. En ce domaine, plus qu’en aucun autre, il convient de garder à l’esprit quelques principes fondateurs. Quelle communauté, patiemment bâtie, accepterait de se priver des moyens nécessaires à sa paix et la défense de ses principes ? Laisse-t-on brûler impavide, parce qu’impuissant, la maison d’un voisin qui vous appelle au secours ?

Dans les prochains mois, les prochaines années, par delà la question constitutionnelle et la question démocratique, l’Union devra choisir sa place dans l’histoire. Et dans cette partie, la France sait qu’elle peut, qu’elle doit jouer un rôle éminent.

Si l’Europe a tout à perdre à renoncer à une ambition historique sans égal, le monde n’a rien à gagner au silence de l’Europe,



LES PLUS LUS :

La liste des sénateurs UMP par ordre alphabétique 100%
Contact 59%
Le bureau 55%
Liste par département 34%
Haute autorité de lutte contre les discriminations 27%
Lettre d’actualité n°77 20%
L’audace réformatrice au service de l’avenir de la France 20%
La déclaration 19%
Projet de loi de finances pour 2005 17%
Financement de la sécurité sociale pour 2005 14%

Site réalisé par Localeo !GROUPE UMP DU SÉNAT | ADMIN !