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Accueil - Archives - Questions d’actualité - Session 2006 - 2007 - Jeudi 5 octobre 2006
Question de Serge Dassault - Sénateur de l’Essonne

Serge Dassault - Scolarité des jeunes

Serge Dassault :

Ma question s’adresse à M. le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les événements récents, en particulier l’agression inadmissible de deux policiers CRS dans ma commune, ainsi que mon intervention lors de la discussion générale du projet de loi relatif à la prévention de la délinquance m’amènent à vous poser, Monsieur le ministre, la question suivante.

Ne pensez-vous pas que, si les jeunes deviennent des délinquants à partir de seize ans, c’est parce qu’ils ne travaillent plus, n’étant plus soumis à aucune obligation scolaire ?

Ils deviennent des oisifs soumis à toutes les tentations, qui sont nombreuses, et c’est la drogue, les vols de voitures, et j’en passe.

Ils sont sortis du collège, sans avoir eux-mêmes la volonté de poursuivre leurs études ou d’apprendre un métier.

En réalité, ils sont sortis trop tôt du système scolaire, qui n’a pas réussi à leur apprendre un métier en fonction de leurs capacités, et ce quels que soient les efforts de l’éducation nationale pour enseigner les connaissances nécessaires.

Vous n’y pouvez rien, monsieur le ministre, et il ne sert à rien d’en faire plus, car ils sont imperméables à toute formation théorique, mais pas à une formation pratique. Cela signifie donc que l’une des raisons principales de la délinquance est l’arrêt de l’obligation scolaire à seize ans. Aussi, monsieur le ministre, pourquoi ne pas porter cette obligation à dix-huit ans ?

Les jeunes à partir de seize ans, au lieu de ne rien faire, seraient obligés, s’ils ne veulent pas continuer des études, d’apprendre un métier et d’entrer en apprentissage. La mesure que je propose permettrait de réduire non seulement la délinquance, mais aussi le chômage des jeunes. Les jeunes exerceraient un métier au lieu de ne rien faire et vivraient normalement. Cela aiderait la croissance et réduirait d’autant le nombre de chômeurs.

Actuellement, plus de 60 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification, ce qui représente plus d’un dixième de chaque classe d’âge.

En conséquence, monsieur le ministre, pourquoi ne pas porter l’obligation scolaire et professionnelle à dix-huit ans pour réduire la délinquance et le chômage des jeunes ?

La réponse de Gilles de Robien, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Monsieur Dassault, vos préoccupations rejoignent parfaitement les objectifs du Gouvernement.

Pour nous, un jeune après seize ans doit être au collège, au lycée, en apprentissage ou au travail avec un emploi. Notre vrai défi, à l’éducation nationale, est donc d’améliorer le système pour qu’aucun enfant, aucun jeune, ne quitte le dispositif de l’éducation nationale sans avoir des qualifications qui lui donnent de vraies chances et lui permettent de ne pas être démoralisé ou de sombrer dans des excès, telle, parfois - hélas ! -, la violence.

Notre problème est bien de donner aux jeunes les moyens d’aborder l’avenir.

Le premier de ces moyens, vous l’avez voté, c’est le socle commun de connaissances et de compétences, grâce auquel, j’en suis sûr, on va donner à tous les jeunes de France non seulement des repères et des connaissances, mais aussi une attitude plus citoyenne.

Tel est le contrat de l’éducation nationale, de la République envers ces jeunes.

Le socle commun est mis en place à cette rentrée, à tous les échelons, avec des vérifications et des évaluations. Quand l’évaluation montrera que des jeunes ne suivent pas certains niveaux de ce socle commun, il y aura des programmes personnalisés de réussite éducative. En effet, l’avenir est beaucoup plus dans le suivi individuel de ces jeunes que dans des suivis collectifs identiques pour tous. Au nombre de ces suivis individuels, Monsieur Dassault, je place évidemment, pour ceux qui n’apprécient pas l’éducation trop abstraite, l’apprentissage ainsi que l’apprentissage junior.

Ainsi, cent cinquante sections sont ouvertes en lycées professionnels dès cette année.

De plus, avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, nous nous attachons à ce que le nombre d’apprentis en France passe, dans les deux ans, de 350 000 à 500 000. C’est un vrai défi que nous nous donnons, mais il est possible de le relever.

Ainsi, chaque jeune pourra, avec la note de vie scolaire, la découverte professionnelle, trouver de l’intérêt à apprendre, et cela selon son rythme, ses goûts et ses talents.

C’est ainsi que l’on donnera du sens à la vie de ces jeunes. Alors, effectivement, ces derniers ne seront plus délinquants ; ils deviendront de vrais citoyens !

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