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Accueil - Archives - Questions d’actualité - Session 2005 - 2006 - Jeudi 23 mars 2006
Question d’actualité de Josselin de Rohan, Président du Gorupe UMP au Sénat, sénateur du Morbihan

Josselin de Rohan - Blocage des universités

Josselin de Rohan :

Ma question s’adresse à M. le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Depuis le 7 février dernier, à la suite d’une assemblée générale à laquelle ont participé des éléments largement extérieurs à l’université, l’université de Rennes 2 a « voté », c’est du moins ce que l’on prétend, le blocage des locaux. Les étudiants qui veulent travailler n’ont donc pas accès aux locaux.

Le 13 mars dernier, son président, M. Gontard, s’est résigné à organiser un scrutin pour permettre aux étudiants de se déterminer librement sur la question de savoir s’ils pouvaient ou non accéder aux locaux.

Lorsque les opérations ont commencé, une minorité d’extrémistes a empêché le déroulement du scrutin, et l’université est restée bloquée.

Des étudiants courageux ont obtenu du président du tribunal administratif de Rennes un référé qui contraint le président de l’université à ouvrir ses locaux ou à en chercher d’autres pour que les étudiants puissent travailler. Cette décision est encore restée sans effet.

À ce jour, dix-huit universités connaissent le même sort et quarante-deux sont partiellement bloquées.

Or le semestre est déjà largement entamé. Depuis cinq semaines, des étudiants qui voudraient travailler ne peuvent le faire.

Qui sont les victimes de cette situation ? Ce sont d’abord les étudiants étrangers, qui vont voir leur année anéantie. Ce sont ensuite les étudiants aux ressources modestes, qui ne pourront pas, au cours de l’été prochain, travailler pour financer leurs études, car la date des examens sera peut-être repoussée.Ce sont, enfin, les étudiants de première année, qui ont particulièrement besoin de travailler pour pouvoir accéder à l’année suivante.

Monsieur le ministre, je tiens à dire ici que ces blocages, qui sont opérés au mépris de toute démocratie, sont particulièrement scandaleux ! C’est la loi et la démocratie qui sont bafouées. Monsieur le ministre, que comptez-vous faire pour que les étudiants puissent passer leurs examens dans des conditions convenables et ne perdent pas leur année à cause de certains agitateurs ?

Gilles de Robien, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche :

Monsieur le sénateur, des jeunes assistent aujourd’hui dans les tribunes à cette séance. Je ne sais s’ils mesurent tous leur chance, eux qui vivent dans un pays où l’école de la République leur apporte la sécurité scolaire et où on leur permet, lorsqu’ils sont bacheliers, d’accéder à l’enseignement supérieur, de rentrer à l’université moyennant des droits d’inscription extrêmement réduits.

Ainsi, plus de 22 % d’entre eux peuvent poursuivre des études supérieures grâce aux bourses qui sont délivrées par l’État.

L’obtention d’un diplôme leur permet, dans la plupart des cas, de s’insérer professionnellement dans la vie active. C’est une chance, et il ne faut pas la gâcher.

Disons-le clairement : celles et ceux qui bloquent les universités non seulement se tirent une balle dans le pied mais - fait plus injuste encore - en tirent aussi dans les pieds de leurs camarades, plus modestes qui ont plus encore besoin de suivre des études, car ils ont moins de chances dans la vie à cause de leur origine sociale.

Ils comptent justement sur l’université pour trouver leur vocation et avoir un métier.

Les étudiants qui bloquent ces universités font quelque chose de profondément injuste, antidémocratique et antirépublicain !

À Caen, 60 % des étudiants se sont prononcés, mais une petite minorité empêche une majorité de suivre les cours. Qu’en dites-vous, mesdames, messieurs les sénateurs de l’opposition, vous qui vous prétendez démocrates.

Les cours doivent reprendre. Chacun doit assumer ses responsabilités. Le Premier ministre assume les siennes. Pour ma part, en tant que ministre de l’éducation nationale, j’assume les miennes, ainsi que François Goulard, ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche en ce qui le concerne. Il faut que les présidents d’université assument, eux aussi, leurs responsabilités parce que les examens approchent. Si nous ne voulons pas les dévaloriser, il faut pouvoir suivre les programmes prévus.

Il nous reste quelques jours. Je demande donc instamment à celles et à ceux qui veulent reprendre les cours de se manifester, calmement, démocratiquement, et à celles et ceux qui n’ont pas encore tout à fait le sens de la démocratie de reconnaître enfin que chacun a le droit de suivre les cours dispensés par l’université.

Je demande enfin aux présidents d’université de me faire connaître les mesures qu’ils comptent prendre pour assurer les cours et tenir le calendrier ainsi que les programmes prévus.

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