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Accueil - Interventions en séance publique - Egalité des chances

Intervention de serge dassault, sénateur de l’Essonne

Je veux ici commenter les multiples mesures et formuler quelques suggestions, espérant que certaines seront prises en considération, comme ce fut le cas pour l’apprentissage à quatorze ans et la responsabilité des parents.

Mes remarques seront de bon sens, sans esprit partisan. Mais je sais peut être mieux que d’autres ce qui peut marcher. Et si l’on ne fait rien, rien ne marchera, alors que le temps presse, car l’économie va mal. Concernant les apprentis juniors, je me réjouis qu’ils puissent être admis dans cette filière dès quatorze ans. Ils le seront à leur demande. Or il serait bon que leurs professeurs puissent également intervenir, car ils sont seuls à savoir si l’élève aura la capacité et la motivation, de suivre la filière des diplômes, vers l’université. Si tel n’est pas le cas, il doit être orienté dès la quatrième vers la formation professionnelle et l’apprentissage.

Trop d’élèves, continuent à suivre la quatrième et la troisième sans en avoir le niveau ou la motivation. Ils quittent finalement le collège sans savoir lire ou écrire - un comble ! Aucun lycée n’en veut plus. Ils traînent et deviennent des délinquants. S’ils avaient suivi plus tôt des cours d’apprentissage, ils étaient sauvés et sûrs de trouver un emploi. Vous préférez en faire des chômeurs. Et vous y arrivez fort bien !

Pour renforcer la présence des adultes non enseignants dans les établissements scolaires, je défendrai un amendement relatif aux contrats aidés, dans les établissements d’enseignement du second degré mais aussi dans les écoles, ce qui n’est pas prévu. Je proposerai aussi que l’employeur, accueillant un jeune au terme de son contrat de volontariat, et en apprentissage puisse également prétendre au crédit d’impôt majoré. Enfin, le jeune, volontaire pour l’insertion doit continuer à bénéficier des prestations attachées au statut de volontaire pour l’insertion, pendant une durée de plus de trois mois, dans le cas où il signe un contrat de travail en alternance ou un contrat de travail temporaire.

Je trouve le Z.F.U très efficaces mais je regrette les divers plafonnements qui illustrent une peur des « effets d’aubaine ». À mon avis, il ne devrait y avoir aucune limitation, car il faut savoir ce que l’on veut., soit faciliter la croissance et les embauches, soit les restreindre et favoriser alors les sous-traitances et les délocalisations à l’étranger, où les « effets d’aubaine » existent sans gêner personne. C’est ce qui arrivera si vous continuez à leur casser les pieds. Je défendrai aussi un amendement relatif aux exonérations d’impôt sur les bénéfices des entreprises établies avant la création de la zone franche urbaine. Un autre amendement traitera des bourses aux étudiants accordées par les régions, par souci de clarification et cohérence.

Ces bourses sont très demandées par les étudiants. Il faut les faciliter : ici au moins, nous sommes d’accord. J’approuve le contrat de responsabilité parentale. Il serait souhaitable cependant que les maires puissent, au même titre que le président du conseil général, demander la suppression du versement des prestations, saisir le procureur ou l’autorité judiciaire... Les maires connaissent la réalité locale. Du reste, les présidents de conseils généraux seront rapidement débordés. Quand au service civil volontaire, je le préférerais obligatoire pour tout jeune de 16 à 25 ans qui ne suit aucune formation et n’a aucun travail ; car à 18 ans, trop de jeunes ne font rien et deviennent délinquants. Du temps du service militaire les jeunes de 18 ans quittaient leur famille pour apprendre la vie en groupe, la solidarité, acquérir l’esprit civique, faire du sport et souvent apprendre un métier. C’était un excellent moyen d’intégration. Il y avait à l’époque beaucoup moins de délinquance. Un service civil obligatoire résoudrait le problème.

En ce qui concerne les incivilités, je suis heureux de constater que la police municipale et les maires disposeront de plus de pouvoirs. Mais les troubles de voisinage, aboiements de chien, télévision qui hurle, restaurants qui ferment tard pourraient être traités directement par les maires O.P.J.

Aujourd’hui, ils n’ont pas autorité pour le faire. J’en viens à l’essentiel : le C.P.E. Soit l’on choisit la flexibilité, et tout est possible. Soit l’on rejette ce contrat : on ferme la porte, alors, à toute embauche en France et l’on suscite les délocalisations. Ce n’est pas la loi mais les entreprises qui créent les emplois. Paralysez-les et elles iront ailleurs. Il n’y aura plus d’emplois.

Je voudrais vous dire que l’éternité n’existe nulle part. Le poète Henri de Régnier a dit : « l’amour est éternel, tant qu’il dure ». De même l’emploi est éternel, tant qu’il dure. Rien n’est éternel, ni la vie, ni la santé, ni l’emploi. La santé, la vie sont précaires, l’emploi aussi, et aucune loi, aucun code du travail, aucun contrat n’y changera rien.

Sans la flexibilité, la France sombrera davantage dans le chômage. La gauche ne comprend rien à l’économie de marché et elle raconte n’importe quoi aux jeunes ! Aucune loi ne peut obliger les entreprises à embaucher, sans flexibilité, elles ne le feront pas. Les jeunes ont été intoxiqués par la gauche, qui a une vision fausse de l’entreprise. L’entrepreneur que je suis sait que l’entreprise n’a pas pour obsession de licencier son personnel !

Quand il y a du travail et que le personnel est compétent, l’entreprise ne licencie pas. Partout dans le monde où il y a de la flexibilité, aux États-Unis, au Canada, au Danemark, en Grande-Bretagne, le taux de chômage est à 5%, et partout où les rigidités sont maintenues, il se maintient à 8 ou 10%. Nous n’échappons pas à la règle et nous ne changerons pas si vous continuez ce raffut contre le C.P.E ! La flexibilité créé l’emploi, car elle rassure les entrepreneurs, tandis que la rigidité créé le chômage. Allez faire un tour en entreprise, vous n’y connaissez rien !

La flexibilité, cela ne signifie pas qu’on abandonne le chômeur, on s’en occupe au contraire : les maisons de l’emploi sont là pour ça ! Merci Monsieur Borloo. Parce qu’il y a trop de rigidités, les entreprises françaises emploient toujours plus de Polonais, de Hongrois, de Roumains, toujours moins de Français, parce que dans les pays de l’Est, on ne leur casse pas les pieds ! Le chef d’entreprise embauche très difficilement un jeune sans expérience ni référence ; avec le C.P.E., ces difficultés seront levées, mais cela n’intéresse visiblement pas la gauche !

Je soutiens totalement le C.P.E., et ce texte.

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