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Accueil - Interventions en séance publique - Egalité des chances

Intervention de Janine Rozier, sénateur du Loiret

Ce projet de loi a fait couler beaucoup d’encre. Il a mobilisé dans la rue ceux qui sont toujours prêts à sortir leurs banderoles et leurs contrevérités. Face au chômage, à l’insécurité dans nos banlieues, au désarroi des familles et au mal vivre des jeunes, l’État offre aujourd’hui une chance à ceux qui veulent s’intégrer par le travail.

Ce projet de loi, adopté par l’Assemblée nationale vise à favoriser l’emploi des jeunes, à renforcer l’égalité des chances et lutter contre les discriminations, à aider les parents à exercer leur autorité, à renforcer les pouvoirs des maires face aux « incivilités » et à créer un service civil volontaire.

Le C.P.E. permettra aux jeunes qui sont en C.D.D., en intérim, en stage ou au chômage d’accéder à un véritable C.D.I., puisque l’emploi se consolide au fur et à mesure. C’est un parcours d’insertion rapide. Il offre une garantie de rémunération et de consolidation au jeune qui aura déjà effectué un C.D.D. ou des stages.

J’ai noté une protection particulière pour les femmes enceintes ou en congé maternité. Le C.P.E. offre une rémunération qui ne peut pas être inférieure au S.M.I.C. Les droits des salariés augmentent avec l’ancienneté, et la période d’essai est d’un mois. Il offre un droit à formation dès le premier mois, contre un an dans le C.D.D. Le locapass favorise l’accès au logement et les banques se sont engagées pour l’accès au crédit.

On ne peut pas licencier du jour au lendemain. En cas de rupture de contrat, une indemnité de quatre mois de salaire est prévue. Le préavis augmente avec l’ancienneté. En cas de licenciement après quatre mois, une allocation forfaitaire spécifique de 490 euros par mois est financée par l’État pendant deux mois si le salarié ne peut prétendre à l’assurance chômage. Bref, tous ceux qui voulaient ont compris depuis longtemps que c’était une très bonne mesure.

Pourquoi des gens beaucoup plus intelligents que moi ne le voient-ils pas ? Pourquoi cette campagne de désinformation et de diabolisation, alors que 60% des moins de trente ans ont compris la chance qui leur est offerte ? Pourquoi vouloir ignorer les résultats positifs déjà enregistrés dans l’apprentissage et la création vigoureuse d’emplois, notamment dans le B.T.P, en 2005 ?

Les entreprises qui peinent à trouver une main-d’œuvre, qualifiée ou non, ont fait des efforts d’attractivité, porté la rémunération de l’apprenti à 40 % du S.M.I.C dès la première année, revalorisé les conditions de travail. J’ai toujours placé beaucoup d’espoir dans l’apprentissage qui permet aux jeunes de se projeter dans un avenir concret, contrairement au système scolaire classique, souvent sans débouchés. Ces jeunes que l’école n’intéresse pas, qui s’y ennuient et qui sont donc prêts à toutes les bêtises peuvent trouver dans l’apprentissage la révélation de leur utilité, ce qui leur donne envie de progresser, de construire et de se construire. Je regrette que le contrat d’apprentissage ne puisse se signer dès quatorze ans. C’est une année perdue.

N’oublions pas que l’excellente main-d’œuvre qui part actuellement à la retraite était formée chez les artisans et dans les entreprises sitôt le certificat d’études primaires il y a cinquante ans. Il est vrai que les enseignants des années cinquante étaient exceptionnels. Les enfants d’immigrés - dont j’étais - apprenaient le français et le calcul mais aussi l’hygiène, le respect, la politesse, le civisme et l’amour de la France. L’école de la République savait inculquer aux jeunes la culture du travail.

Depuis qu’il est interdit d’interdire et que les valeurs ont été piétinées, le travail n’est plus une vertu. Le travail manuel est dévalorisé, et les entreprises, notamment du B.T.P., manquent de main-d’œuvre. Les P.M.E. souhaitent pourtant former des jeunes. J’en viens au contrat de responsabilité parentale. L’égalité des chances se joue d’abord dans les familles et à l’école.

Certains parents ont de grandes difficultés à exercer leur autorité, à empêcher l’absentéisme scolaire ou les sorties nocturnes de leurs très jeunes enfants. Il faut leur assigner des objectifs, leur rappeler leurs obligations et organiser le dispositif d’action sociale qui y est associé lorsque la situation de famille le justifie.

Familles de France - association réputée pour sa pugnacité - remarque que certaines familles entrent dans la deuxième, voire dans la troisième génération d’enfants qui n’ont pas vu leurs parents se lever le matin pour aller travailler. Avec le C.P.E., les jeunes vont saisir l’opportunité d’une première expérience indispensable à un parcours professionnel construit et à l’autonomie économique et sociale. On ne peut leur laisser pour avenir le chômage et le paiement de la dette publique, dans l’assistance et l’oisiveté.

Je regrette que des responsables qui devraient former et éduquer les jeunes n’aient pas fait la même analyse. Tous les gens sensés devraient penser la même chose. Au lieu d’inciter les lycéens à protester et à défiler dans les rues, il aurait fallu leur expliquer que 63 % des apprentis en P.M.E. trouvent un emploi stable. qu’il existe, en plus du C.P.E., le contrat initiative emploi, le contrat jeune en entreprise, le contrat de professionnalisation, le contrat en alternance, des C.F.A. dans les universités... Il faudrait aussi apprendre à ces jeunes que grâce au travail des entreprises françaises, notre pays est le quatrième exportateur mondial et que les 45 % du budget de l’État qui servent à payer les fonctionnaires proviennent de la richesse produite par les entreprises. Le Premier ministre a dit qu’il avait entendu ceux qui défilent mais aussi les autres : ceux qui travaillent et qu’on paralyse à tout bout de champ par des grèves et des manifestations, cette majorité silencieuse qui en a assez de voir défiler des nantis cramponnés à leurs avantages, à leurs primes et à leur sécurité de l’emploi ! Des nantis qui gagnent le S.M.I.C. ! Leur masse va grandissant. Ils devraient manifester comme l’on fait les Marseillais qui se sont insurgés contre le scandale de la S.N.C.M. et contre la grève des transports en commun.

Mme Parisot a dit hier, devant les sénateurs de tous bords « Il faut que les enseignants apprennent aux jeunes que l’entreprise n’est pas un lieu de profit mais un lieu de projet ».

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