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Accueil - Archives - Questions d’actualité - Session 2005 - 2006 - Jeudi 15 décembre 2005
Question d’actualité de Hugues Portelli, sénateur du Val-d’oise

Hugues Portelli - Grève du RER

Hugues Portelli :

Ma question s’adresse à M. le ministre des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer.

Monsieur le ministre, si le droit de grève est un droit constitutionnellement garanti, le principe de continuité du service public l’est tout autant. Or il apparaît évident, lorsque l’on considère les mouvements qui ont pénalisé pendant plus de dix jours les 450 000 usagers de la ligne D du RER et les 250 000 voyageurs de la ligne B, que la continuité du service public n’est pas la priorité de certains syndicats.

Pourtant, comment comprendre la prise en otages des usagers, qui paient des impôts pour financer la retraite de cette catégorie très particulière d’agents publics, qui cessent de travailler à cinquante ou cinquante-cinq ans après vingt-cinq ans de service ? C’est à 2,515 milliards d’euros en 2005, soit 54, 6% du montant total des charges du régime et 2,641 milliards d’euros dans le budget pour 2006 que nous venons de voter, que s’élève la contribution financière de l’État, et donc des contribuables.

Comment comprendre cet énième mouvement que le directeur du Transilien estimait incompréhensible dans la mesure où, sur la ligne D, onze conducteurs supplémentaires avaient été embauchés pour faire face à la hausse du trafic du fait du passage au service d’hiver ?

Comment accepter que, en dehors des mouvements sociaux déclarés, les usagers se plaignent quotidiennement de trains supprimés, de gares oubliées, d’une vétusté et d’une saleté inacceptables ?

Doit-on définitivement admettre que l’Île-de-France soit un secteur sinistré sur le plan ferroviaire, du fait de la saturation de lignes construites au début du siècle ?

Ne peut-on craindre qu’après le désengagement de l’État et de la SNCF en matière d’achat du matériel roulant, le syndicat des transports parisiens et de la région d’Île-de-France, le STIF, aujourd’hui compétent, n’ait pas la volonté de commander suffisamment de nouveaux trains, qui, rappelons-le, n’arriveront pas avant trois ans ?

Nous devons saluer la fermeté inhabituelle de la direction, comme la solidarité du service public. Mais la mise à disposition de bus par la RATP n’a pas pu empêcher les usagers d’arriver en retard à leur travail. D’ailleurs, comment seront-ils indemnisés ?

Dans cette affaire, le comportement de certains syndicats a été inadmissible. Le refus de SUD et de Force ouvrière de la moindre avancée après soixante heures de négociation - ce radicalisme syndical sur fond d’élections en mars rappelle la surenchère, les 22 et 23 novembre dernier, de la CGT suscite des interrogations sur les méthodes de ces organisations.

Ces mouvements sociaux seraient certainement moins fréquents si la grève était décidée non pas à main levée, mais de manière démocratique, par un vote à bulletin secret ou par correspondance, et si la présence des délégués syndicaux dans les bureaux de vote était interdite.

Ne doit-on pas, enfin, définir clairement ce que l’on entend par service minimum, notamment aux heures où les usagers se rendent au travail ou en reviennent ?

Et ne faut-il pas que le législateur tranche une fois pour toutes sur ce sujet, puisque notre Constitution dispose depuis 1946 que « le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent » ? (Applaudissements sur les travées de l’UMP et de l’UC-UDF.)

Dominique Perben, ministre des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer :

Monsieur le sénateur, ô combien je comprends l’agacement, l’énervement, la colère des usagers qui, dans l’Essonne et au nord de la région parisienne, ont eu à souffrir du fait que, dans cette entreprise, certains ont tendance à considérer que la résolution des problèmes, quels qu’ils soient, passe nécessairement par le recours à la grève, de préférence au dialogue social.

C’est la raison pour laquelle, dès le début de cette grève, j’ai dit qu’elle était disproportionnée au regard des enjeux et du motif de la divergence entre certaines organisations syndicales et la direction.

Cela doit nous conduire à réfléchir sur une question tout à fait concrète : comment améliorer le dialogue social dans les grandes entreprises de service public ? Comme j’ai eu l’occasion de le dire avant-hier à l’Assemblée nationale, il n’est pas possible de se satisfaire de la manière dont les choses se passent le plus souvent, et cela pour une raison toute simple : la relation de confiance entre les usagers et ces entreprises risque de se dégrader profondément.

Bien entendu, nous avons pris un certain nombre de décisions qui s’imposaient dans l’immédiat.

Premièrement, j’ai demandé à la SNCF d’assurer un minimum de service, comme vous l’avez rappelé, monsieur Portelli ; mille autobus ont été loués par l’entreprise pour suppléer au service défaillant, en particulier sur la ligne B du RER.

Deuxièmement, j’ai également demandé très clairement à la SNCF, au nom du Premier ministre, de prévoir une indemnisation des usagers qui n’ont pas bénéficié du service pour lequel ils ont payé une carte d’abonnement au titre du mois de janvier. La SNCF a annoncé publiquement ce matin même que cela sera fait.

Mais il nous faut évidemment aller plus loin.

Tout d’abord, comme l’ont dit d’ailleurs plusieurs dirigeants syndicaux, sur une affaire comme celle qui était en jeu, c’est-à-dire l’organisation du travail au fil de la semaine, dans des périodes de pointe où il est nécessaire d’ajouter des trains supplémentaires, nous devons instaurer des dispositifs de négociation qui permettent de discuter et de trouver des solutions sans déclencher une grève qui pénalise 700 000 personnes ! C’est une évidence !

Ensuite, à l’instar des régions d’Ile-de-France et Alsace qui ont su passer des accords avec la SNCF sur le service garanti, je souhaite que l’ensemble du territoire national puisse disposer d’un système identique. J’ai donc demandé à la SNCF de le proposer à tous les conseils régionaux.

J’ai écrit également écrit à l’ensemble des autorités organisatrices de transports urbains pour leur demander de faire de même, si possible de manière contractuelle - car c’est la meilleure démarche à mes yeux -, pour avoir un service garanti partout et en toutes circonstances.

Cela me paraît indispensable ! Sinon, c’est la notion même de service public qui sera remise en cause dans l’esprit de nos concitoyens, et ce ne sera un bien pour personne !

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