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Accueil - Archives - Questions d’actualité - Session 2005 - 2006 - Jeudi 15 décembre 2005
Question d’actualité de Gérard César, sénateur de la Gironde

Gérard César - Conférence de Montréal

Gérard César :

Ma question s’adresse à Mme le ministre de l’écologie et du développement durable, notre ancienne et excellente collègue.

Le réchauffement de notre planète est aujourd’hui une évidence. L’émission des gaz à effet de serre augmente, la température augmente et le lien de causalité entre ces deux phénomènes est de plus en plus vraisemblable.

C’est pourquoi, face à cette menace qui pèse sur l’avenir de l’humanité, le protocole de Kyoto constitue un texte fondamental.

En effet, il fixe, pour les pays industrialisés, des engagements chiffrés de baisse des émissions de gaz à effet de serre et propose aux pays en voie de développement le mécanisme dit de « développement propre ».

Ce protocole de 1997, on le sait, est entré en vigueur récemment et les États-Unis ne l’ont toujours pas ratifié.

En outre, le protocole de Kyoto doit prendre fin dans sept ans. Sa pérennisation au-delà de 2012 était donc un enjeu très important. Je dis « était », car la conférence de Montréal sur le climat a débouché, à la fin de la semaine dernière, sur un accord qui assure un réel avenir à la lutte contre le changement climatique et redonne espoir pour un engagement de toute la communauté internationale dans ce domaine.

Madame le ministre, vous étiez à Montréal, pour y représenter la France. Pouvez-vous nous indiquer les principaux termes de cet accord et les perspectives concrètes qu’il ouvre pour lutter efficacement, tous ensemble et sur le long terme, contre le réchauffement climatique ?

Nelly Olin, ministre de l’écologie et du développement durable :

Monsieur le sénateur, la conférence qui s’est tenue à Montréal la semaine dernière a permis de franchir un cap important dans la mobilisation de la communauté internationale pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Je rappelle que la France, contrairement aux autres pays industrialisés, respecte dès maintenant le protocole de Kyoto, puisque les émissions de gaz à effet de serre sont aujourd’hui inférieures de 1,9 % à celles de 1990.

Nous avions donc trois objectifs principaux.

Le premier était d’assurer la mise en oeuvre effective du protocole de Kyoto, et donc de faire approuver les accords de Marrakech. Ils ont été approuvés sans réserve.

Le deuxième objectif était d’assurer le démarrage du mécanisme de développement propre, qui, vous le savez, permet aux pays industrialisés de bénéficier de « crédits carbone » en réalisant un investissement en technologies propres dans un pays en voie de développement. Ce deuxième objectif a également été atteint.

Le troisième objectif était d’engager un processus pour fixer les ambitions de l’après-2012.

À ce stade, seuls les pays industrialisés ont pris des engagements de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, pour assurer la pérennité du dispositif, il est nécessaire de définir des engagements au-delà de 2012, et ce pour tous les pays, y compris les pays émergents et ceux qui n’ont pas ratifié Kyoto. Ce troisième objectif était extrêmement difficile à atteindre.

Des négociations soutenues avec les représentants de différents pays comme les États-Unis, l’Inde et le Brésil, nous ont permis de présenter et de promouvoir la position de la France.

Un accord a donc pu être trouvé au terme de la conférence. Il s’agit d’« engager un dialogue sur les approches stratégiques dans le cadre d’une collaboration mondiale à long terme ».

Une série d’ateliers est prévue en vue de recenser les solutions proposées par les différents pays pour lutter contre les changements climatiques.

Nous pouvons nous féliciter d’avoir réussi à obtenir un tel accord, qui rallie l’ensemble des pays membres de la convention-cadre sur le climat, c’est-à-dire également les États-Unis et les pays émergents.

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