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Accueil - Archives - Questions d’actualit - Session 2005 - 2006 - Jeudi 20 octobre 2005
Question d’actualit de Jean-Pierre Fourcade, snateur des Hauts-de-Seine

Jean-Pierre Fourcade - Violences dans les stades

Jean-Pierre Fourcade :

Ma question s’adresse M. le ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative.

Depuis quelques mois, la violence prcde, accompagne ou suit les rencontres de football.

En dpit d’une forte mobilisation des forces de police pour tenter de contenir cette violence, qui donne parfois aux habitants de certains quartiers de nos villes le sentiment d’tre en tat de sige, on assiste rgulirement de vritables batailles ranges entre supporters.

Depuis le dbut du championnat de France, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel a sanctionn douze des vingt clubs de ligue 1 la suite d’incidents causs par des supporters.

Je citerai deux exemples : les matchs opposant Nice Marseille, le 2 octobre dernier, et l’Olympique de Marseille au Paris Saint-Germain, entre autres. J’ai mme dcouvert, l’occasion d’un match Boulogne-Billancourt, que ces violences pouvaient dsormais avoir lieu entre supporters d’un mme club !

Ces meutes se traduisent chaque fois par l’hospitalisation de supporters, par des dgts causs aux riverains et par la multiplication de jours d’incapacit temporaire de travail octroys aux forces de l’ordre victimes des agressions.

En outre, des incidents de ce genre portent gravement atteinte l’image du sport, car ils dissuadent les familles de frquenter les stades et n’encouragent pas les jeunes pratiquer des sports collectifs.

Ces actes de violence sont le fait de supporters surexcits qui semblent chapper tout encadrement. Mais plutt que de multiplier les forces de police - 400 policiers et CRS ont ainsi t dploys pour encadrer 800 supporters d’un club, le 1er octobre dernier, au Parc des Princes, soit une proportion de un pour deux -, il faut s’attaquer aux causes de ce phnomne.

Ma question est double.

Premirement, le cot excessif de la mobilisation des forces de police et de gendarmerie pour tenter de matriser les supporters est-il pris en charge par l’Etat ou par les clubs concerns ? Et qui supporte la charge de la dpense lorsque les violences se produisent au-del des abords immdiats des stades ?

Deuximement, compte tenu de l’insuffisante efficacit des sanctions financires, peut-on envisager une accentuation de la responsabilit des dirigeants de clubs et, plus particulirement, des responsables d’associations de supporters, afin de tenter d’endiguer cette vague de violence qui ne fait pas honneur au sport dans notre pays ?

Jean-Franois Lamour, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative :

Monsieur le snateur, comme vous l’avez rappel, ces actes sont inqualifiables et inacceptables, et ce double titre.

D’une part, ils ternissent l’image du sport en gnral et en particulier du sport le plus populaire en France et dans le monde, le football. D’autre part, ils reprsentent un vritable cauchemar pour les riverains, qui ne peuvent plus sortir, dont les vhicules sont dgrads et qui ont peur.

Comparons ces actes avec la rencontre de rugby qui s’est droule samedi dernier, au stade de France, entre le Stade toulousain et le Stade franais : dans les tribunes, les supporters des deux quipes taient cte cte et leurs drapeaux mlangs. Voil ce qu’est le sport !

Monsieur le snateur, le Gouvernement n’est pas rest inactif.

Lors de l’t 2004, Dominique de Villepin, alors ministre de l’intrieur, Dominique Perben, garde des sceaux, et moi-mme, avons sign le premier contrat local de scurit. Celui-ci concernait le Parc de Princes et tendait une meilleure coordination des forces de police et de justice, afin de juguler ces quelques nergumnes qui troublent l’ordre public lors des vnements sportifs.

Nous avons galement autoris la transmission aux clubs sportifs, par le prfet, des listes de personnes interdites de stades, afin d’empcher ces supporters, une fois jugs et sanctionns, de pntrer dans ces enceintes.

Nous avons galement mis en place une formation des stadiers qui sont amens fouiller les spectateurs l’entre des stades, et renforc la vidosurveillance.

Mais ces mesures ne sont pas suffisantes.

Vous le savez, Nicolas Sarkozy a rencontr, au dbut de la semaine dernire, Frdric Thiriez, le prsident de la Ligue de football professionnel, afin de discuter avec lui d’une nouvelle mesure administrative, dcide l’origine par Dominique de Villepin : l’interdiction prventive de l’entre des stades des nergumnes qui n’auraient pas encore commis l’irrparable. S’agissant de cette mesure de prvention de la dlinquance, un texte est actuellement en cours de prparation.

Il est galement possible d’envisager, comme vous l’avez voqu, monsieur le snateur, la dissolution des associations de supporters qui ne respecteraient pas ce code de bonne conduite consistant encourager une quipe sans commettre d’actes inqualifiables pendant les matchs de football.

Pour autant, au sein de cette dmarche, nous sommes tous responsables : le Gouvernement, comme je l’ai affirm ici, mais aussi les clubs.

Ainsi, les prsidents et les quipes dirigeantes des clubs que vous avez cits doivent prendre toute leur part de responsabilit, en faisant en sorte que ces supporters n’obtiennent pas de places et ne puissent donc pas troubler l’ordre public pendant les matchs de football.

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