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La création du groupe UMP du Sénat
Principaux extraits de la conférence de presse
A l’issue de la réunion constitutive du groupe UMP au Sénat, le 10 décembre 2002, le Président Josselin de ROHAN et les deux vice-présidents, Xavier de VILLEPIN et Henri de RAINCOURT, ont rencontré la presse.

Josselin de ROHAN

Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre présence à la constitution du Groupe UMP du Sénat. Certains se demandaient s’il verrait le jour : nous avons pleinement répondu à leurs attentes. La Direction du Groupe est très collégiale et nous avons l’intention de mener la constitution et le renforcement de notre Groupe afin de lui donner une dynamique, une cohésion et des capacités afin d’être, au sein de la majorité présidentielle et parlementaire, une force de propositions et de discussions.



Josselin de ROHAN

J’ai parfois lu que le fait d’avoir un groupe UMP puissant au Sénat ferait de celui-ci le clone de l’Assemblée nationale. Je vous dis tout de suite que les progrès de la génétique n’ont pas encore abouti au clonage parfait et que nous sommes bien déterminés, tout en tenant notre rôle au sein de la majorité, à conserver la spécificité sénatoriale qui vient tant de notre mandat que de notre mode d’élection ou que des usages en vigueur dans cette Assemblée. Par conséquent, nous serons des membres loyaux, mais singuliers, de la majorité.

Il est vrai que cette aventure que nous entreprenons peut être appréhendée comme un véritable pari : nous avons des origines diverses et émanons de formations qui ont une histoire longue, avec des personnalités diverses, mais fortes. C’est un jour important pour l’histoire du Sénat : pour la première fois dans son histoire, il comporte un groupe de 167 membres. Nous pensons qu’il s’agit d’un des actes qui marqueront la modernité politique dans ce pays. En effet, la France était une des seules démocraties occidentales qui comportait autant de formations de droite et du centre. En définitive, dans les domaines économique, social et politique, rien ne les sépare. Les clivages devenaient quelque peu artificiels et anachroniques. C’est la raison pour laquelle la France ne peut se priver de la force et du profit d’un tel parti, à l’instar du PPE en Espagne ou de la Démocratie chrétienne en Allemagne.

Même si nous ne sommes pas un parti hégémonique, nous pensons néanmoins que ce regroupement dominant, pour reprendre le vocabulaire des politologues, est un avantage pour la démocratie. De surcroît, le quinquennat rend d’autant plus nécessaire cette évolution dans la mesure où le Président de la République et l’Assemblée nationale ont la même durée de vie. Les pouvoirs doivent collaborer et non s’opposer. Ainsi le Gouvernement doit-il disposer à l’Assemblée et au Parlement d’une majorité qui soutienne son action.

Voici les raisons profondes, du point de vue politique, qui me semble légitimer la création de l’UMP. Nous nous attacherons à donner de la cohésion à ce Groupe et à l’organiser pour que, après une courte période de construction, nous puissions aborder le renouvellement sénatorial de 2004, déterminés à conserver la place que nous occupons à l’heure actuelle.

Henri de RAINCOURT

Je voudrais dire que l’union de la majorité sénatoriale n’est pas une nouveauté, puisqu’elle s’exerçait depuis vingt ans sous la forme de la concertation de la majorité qui réunissait les représentants des différents groupes qui la composaient. Ceci nous a permis de préserver toute la capacité d’action et de réaction du Sénat, même dans les périodes très difficiles sur lesquelles je ne reviendrai pas.

La question que nous nous sommes posée concerne la remise en question de ce qui a été précédemment mis en œuvre. Le Sénat, alors même qu’il avait une bonne pratique de l’union de la majorité sénatoriale a souhaité être plus performant et plus en phase politiquement avec l’évolution de notre pays. Nous avons pris le parti de nous réunir, plutôt que de nous juxtaposer. Nous sommes cependant conscients que l’union doit rester un prélude à l’unité : nous sommes en mesure, aujourd’hui, de franchir ce pas, fut-ce entre deux renouvellement sénatoriaux, pour être à l’unisson de ce qui se passe dans le pays. Il est impossible de comparer ce que nous faisons ici et le fait que nous abandonnerions les spécificités, les singularités et la personnalité du Sénat et des sénateurs. Nous ne sacrifierons pas le Sénat sur l’hôtel de l’unité : nous disons que chacun aura la possibilité de s’exprimer à l’intérieur de ce Groupe, de la même manière que lorsqu’il le faisait de l’extérieur. Il eut été vraiment dommage, pour le Sénat et pour notre nouveau parti politique, de passer à côté et d’attendre 2004. Nous avons pris notre temps, de façon à ce que ces évolutions puissent se faire dans l’harmonie et en étroite concertation les uns avec les autres.

Xavier de VILLEPIN

Je corrobore les propos de mes deux collègues et souhaiterais simplement rajouter quelques mots. S’agissant de mon Groupe, la presse a parlé de transfuge. Je crois que l’expression n’est pas adéquate. Nous nous sommes en effet divisés entre ceux qui ont choisi la solution qui nous paraît moderne : le regroupement et ceux qui ont préféré se maintenir dans leurs groupes avec des sensibilités différentes.

Nous avons fait le choix de rejoindre l’UMP car il s’agit, pour nous, d’une refondation de la droite. Il s’agit d’une formule moderne. Nous avons, à cet égard, beaucoup apprécié, lors de la réunion du 17 novembre, les discours des chefs des gouvernements européens. Nous croyons, dans l’intérêt de la France, que l’idée d’une refondation de la droite est constructive. Nous souhaitions que nos partis aient des échos parmi les Français. De fait, avons-nous recherché la formule la plus moderne.

Comme cela vient de vous être dit : nous nous connaissons de longue date. Nous n’avons plus, entre nous, de différences idéologiques ni même de différences sur les grands sujets de la France. Nous avons cependant avoir des approches différentes quant à l’Europe, mais il n’y a plus de vraies différences dans les trois groupes qui se sont réunis. Nos idées sont identiques sur le libéralisme ou sur les aspects sociaux de la France : nous savons que nous devons mettre en commun un dialogue pour nous entendre.

Josselin de ROHAN

Nous sommes maintenant à votre disposition pour répondre aux questions que vous voudrez bien nous poser.

Question : le maintien d’un groupe centriste ne vous gêne donc pas, outre mesure, puisque vous aviez pour habitude d’user de la concertation. Quels sont les problèmes potentiels que pourrait vous poser le maintien de ce groupe ?

Xavier de VILLEPIN

Nous allons nous exprimer au sein d’une majorité de 167 sénateurs : ce qui ne veut pas dire que nous serons avec l’opposition, que nous respectons. Nous aurons des différences et nous les exprimerons au cours des débats.

Question : comment la répartition du temps de parole s’effectuera-t-elle à l’intérieur du Groupe lui-même ?

Henri de Raincourt

Notre volonté est de travailler ensemble et de vivre comme un groupe, non pas juxtaposé par des individualités, mais comme un groupe réunissant des personnalités différentes. Vous en aurez l’expression tout à l’heure, car c’est aujourd’hui le vote solennel du budget au Sénat : nous n’aurons qu’un seul orateur qui sera le président de notre nouveau Groupe, qui s’exprimera au nom de l’ensemble des sénateurs appartenant à l’UMP. Nous ne tiendrons pas de comptabilité pour savoir si tel orateur appartenait, hier, à telle ou telle sensibilité politique.

Nous donnerons la parole à ceux qui auront les capacités sur les sujets que nous aurons à traiter. En outre, sur un groupe de 167 membres, il faut comprendre que chacun ne peut disposer du temps de parole qu’il aurait souhaité avoir.

Question : est-il important pour le Gouvernement d’avoir deux groupes majoritaires, un à l’Assemblée et l’autre au Sénat ?

Josselin de ROHAN

Il est en effet plus cohérent pour un gouvernement d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale et au Sénat. Tout gouvernement aspire à une situation analogue.

Henri de RAINCOURT

S’agissant de l’UMP, vous aurez remarqué qu’il pouvait y avoir des différences entre le fonctionnement au Sénat et à l’Assemblée nationale.

Question : pourrait-on imaginer que vous vous retrouviez avec le président de l’union centriste, voire avec le président du groupe RDSE, pour fixer des positions communes, même si cela n’est pas nécessaire, dans la mesure où vous disposez de la majorité ?

Josselin de ROHAN

La majorité sénatoriale continue. Nous sommes déterminés à rechercher, avec nos collègues, des terrains d’entente.

Henri de RAINCOURT

Ce n’est pas parce que l’on dispose de la majorité absolue que l’on souhaite écraser les autres. Bien au contraire.

Question : qu’en est-il de la réforme du mode de scrutin sénatorial ?

Josselin de ROHAN

Le Président de la République et le Premier ministre décideront s’il doit y avoir une réforme du Sénat. Je vous rappelle, à ce propos, que le Président l’avait évoqué dans son programme. Nous souhaitons, pour notre part, modifier la loi électorale sénatoriale. En effet, nous estimons que la proportionnelle, telle qu’elle a été pratiquée pour les départements, n’est pas satisfaisante. Nous souhaitons le retour à une norme plus élevée en ce qui concerne le scrutin majoritaire. De fait, les départements élisant jusqu’à cinq sénateurs devraient pouvoir élire ceux-ci au scrutin majoritaire.

Les opinions restent cependant partagées à ce propos. Nous en discuterons entre nous. Nous ne connaissons pas, pour l’heure, les propositions que le Gouvernement sera amené à faire. Cependant, je vous rappelle qu’il existe un délai d’un an entre l’échéance électorale et le moment où nous devons en discuter. De fait, si réforme il y a, je présume qu’elle aura lieu au début de l’année prochaine. Il est donc impossible de vous donner, aujourd’hui, la position du Groupe.



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