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L’IRAK APRES LA RESOLUTION DE L’ONU : N° 1441 (Suite)

Par Xavier de VILLEPIN
Après l’avalanche - de 12 000 pages - fournies par l’Irak au Conseil de sécurité, il serait surprenant que les Américains ne découvrent pas des « mensonges flagrants ». Ils s’efforceront vraisemblablement d’obtenir un aval du Conseil pour une action militaire, afin de contraindre Saddam Hussein à désarmer. Si un tel accord devait leur être refusé, ils pourraient agir unilatéralement, estimant que l’Irak représente une menace pour leur sécurité.

I - L’état d’esprit en Irak -

70 000 soldats américains sont déjà à pied d’œuvre dans la région, en Turquie, au Koweït, Bahreïn, Qatar, Oman, Arabie saoudite, Émirats Arabes-Unis et Djibouti. 30 000 de plus pourraient être sur la zone dans les trois semaines. Si la guerre éclate, c’est de Doha que le général Tommy Franks dirigera l’opération.

Qu’en pensent les Irakiens ? L’enquête de « l’International Crisis group » note une tendance générale à l’acceptation, pour en finir avec les sanctions, la répression et le désespoir du présent. Une inconnue : le moral de la garde républicaine de Saddam. Par contre, il existe une forte opposition à la guerre dans les pays voisins et notamment au Liban, en Jordanie et au Koweït, où l’on a déjà noté des attentats contre les Américains. Le retour des exilés irakiens n’est pas souhaité à Bagdad.

Dans l’ensemble, on ne s’attend pas à une guerre longue. Si « le jour d’après » ne crée pas beaucoup d’inquiétudes, qu’en sera-t-il « un an ou deux plus tard » ? L’exemple de l’Afghanistan n’est pas rassurant. L’instabilité demeure dans certaines régions sur lesquelles le gouvernement central n’a guère de prise. Les chefs de guerre continuent d’être autonomes, et par leurs querelles, de freiner l’effort de reconstruction. Le ressentiment de la communauté pachtoune, face à l’omniprésence des Tadjiks dans l’appareil de sécurité, pose un problème sérieux.

II - Difficultés prévisibles -

Une intervention militaire en Irak risquerait d’entraîner un afflux massif de réfugiés. Or, cette région du Moyen Orient apparaît fragilisée depuis des décennies par les exodes successifs de populations fuyant soit des conflits ouverts entre voisins (guerre Iran-Irak en 1980, invasion du Koweït en 1990) soit des répressions internes (par le régime de Saddam contre les Kurdes et les Chiites en 1991) soit des combats intercommunautaires (PDK - UPK). Ce sera donc essentiellement à la communauté internationale (UNHCR) qu’il reviendra de gérer la nouvelle question des réfugiés.

En quinze ans, plus de 2 millions d’Irakiens auraient fui l’Irak vers la Jordanie, le Yémen et la Syrie. L’Iran est déjà le premier pays d’accueil de réfugiés dans le monde... Les pays riverains chercheront donc à fermer leurs frontières.

La reconstruction de l’Irak s’annonce complexe. Son coût en serait très élevé, de l’ordre de 50 à 200 milliards de dollars, dont 30 à 40 pour le seul secteur pétrolier. Les fondamentaux de l’économie sont très dégradés. Le PIB se trouve au tiers de ce qu’il était en 1989, le chômage touche 60 % de la population active. Depuis avril 2002, la production pétrolière irakienne serait inférieure à 2 millions de barils par jour. En cas de normalisation, ce pays pourrait disposer de trois millions et demi de barils d’ici 2005 - et plus encore en 2007 - ce qui lui permettrait de financer en partie le redémarrage de son économie. L’Irak possèderait la deuxième réserve pétrolière mondiale.

Enfin, dans l’Irak « post-Saddam » pourraient apparaître des minorités favorables à la « guerre sainte » contre les Américains.

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