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L’IRAK APRES LA RÉSOLUTION DE L’ONU : N° 1441, REFLEXIONS SUR L’AVENIR,

Par Xavier de VILLEPIN
L’Irak se trouve au pied du mur. Le calendrier est simple : Saddam Hussein a sept jours pour se pencher sur la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU votée à l’unanimité vendredi. Il devra notifier son intention de coopérer. Puis l’Irak devra présenter avant 30 jours (le 8 décembre) une liste exacte et complète de tous ses programmes d’armement prohibés et de ses productions chimiques ou biologiques. Le 23 décembre marque enfin la date limite pour le début des inspections.

Le Président de la République et la diplomatie française méritent des félicitations pour avoir rappelé avec insistance le droit, la morale et les exigences de la sécurité collective. Le compte à rebours est maintenant lancé. L’Irak peut être certain que le jeu de tricherie et d’esquise autrefois toléré ne le sera plus. Selon le Président Bush : « si l’Irak ne se soumet pas pleinement, les Etats-Unis et d’autres pays désarmeront Saddam Hussein, tout en poursuivant à travers le monde les réseaux terroristes dangereux ».

I- La stratégie française

La France dispose à l’ONU d’un droit de véto. C’est une arme absolue, mais en apparence seulement. Personne ne pouvait penser sérieusement que la France mettrait seule son veto au projet de résolution américain. Il faut remonter en 1956, à la crise de Suez, pour trouver un véto français sur un texte américain. Nous l’avions fait à l’époque en compagnie des britanniques. Un véto français aurait eu un coût politique pour la relation franco-américaine ; il a donc paru préférable à notre pays de tenter de regrouper sur sa position un nombre suffisant d’alliés (Russie, Chine, Mexique, notamment) afin de démontrer aux Américains qu’ils n’auraient pas les neuf voix nécessaires sur la question de l’automaticité. De plus, pour convaincre Bagdad de respecter toutes les exigences du Conseil de Sécurité, il était souhaitable que la résolution soit adoptée à l’unanimité. La France a donc pleinement joué son rôle ; il n’en reste pas moins que la guerre contre l’Irak continue d’obstruer l’horizon mondial.

II- Les buts de guerre des Etats-Unis

Pourquoi les Américains sont-ils si déterminés ? On peut faire les hypothèses suivantes :

-  souvenirs personnels de la famille Bush contre un dictateur menteur et anti-américain ;
-  lutte contre toutes les formes de terrorisme, ses acteurs et ses alliés ;
-  éliminer les armes de destruction massive ;
-  moderniser et développer les capacités militaires américaines pour parer à toute éventualité contre le territoire des Etats-Unis après le 11 septembre 2001 ;
-  protéger Israël, bastion de l’occident en terre d’orient en espérant s’appuyer sur trois pays : l’Israël, la Turquie et l’Irak ;
-  acquérir des réserves pétrolières supplémentaires à une époque où l’Arabie Saoudite apparaît incertaine et où la diversification des approvisionnements est de première importance ;
-  démontrer sa force dans un monde où l’anti-américanisme gagne du terrain.

Tous ces motifs, partiellement vrais, constituent une stratégie qui peut se résumer ainsi : « ne pas laisser l’initiative à l’ennemi et donc avoir le courage d’anticiper l’action ».

III- Que va faire Saddam Hussein ?

Saddam n’a pas d’avenir. La confusion commence à gagner du terrain dans son entourage y compris dans la garde présidentielle. Les Américains ont amorcé une campagne pschychologique pour « protéger » par avance certains responsables, mais les ralliements ne se feront qu’au moment où l’attaque sera imminente. Des indices de troubles sont apparus à Bagdad en octobre 2002 :

-  le référendum qui a réélu Saddam avec 100 % des voix des 11.400.000 votants sur les 22 millions d’Irakiens, une grande démonstration d’affection envers l’unique candidat ! (impensable compte-tenu des oppositions) ;
-  la libération de plus de 20.000 prisonniers politiques ou de droit commun : un aveu de tolérance et de générosité... à destination de la majorité musulmane chiite (60 % de la population) et de la minorité kurde de 15 %, les uns et les autres contre Saddam qui appartient à la minorité arabe sunnite ;
-  plus grave encore, certains signes de dissidence apparaîtraient au sein même des 500.000 membres du Parti Baas, parti au pouvoir en Irak (Gouvernement, forces armées, services de sécurité).

Fausses informations, préparatifs de guerre avec bombardements aériens massifs et attaque terrestre ? En attendant, l’armada se rapproche, mais il faut encore attendre avant de savoir si Saddam Hussein dispose d’une stratégie de sortie... Si la guerre éclatait, la victoire américaine ne fait guère de doute à court terme, mais il y aurait deux inconnues : les réactions populaires du Maghreb à l’Indonésie et les attaques terroristes des réseaux disséminés de par le monde.

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