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Laicité

Jacques Valade, sénateur de la Gironde, rapporteur du projet de loi relatif à la laïcité

Jacques VALADE, Rapporteur du projet de loi relatif à la laïcité

Quel est l’objectif de cette loi sur l’encadrement du principe de laïcité, du port de signes ou tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics ?

-  Jacques VALADE : Ce projet de loi fixe une règle claire et simple : le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit dans les écoles, collèges et lycées publics. Ce texte ne prétend pas traiter l’ensemble des problèmes que connaît l’école dans notre société en mutation mais il apporte la réponse au défi de notre République et doit permettre de refonder l’unité de la communauté nationale, dans le respect de la diversité des origines et de la pluralité des croyances religieuses de chacun.

Nombre de témoignages ont permis de prendre conscience de l’ampleur des difficultés rencontrées sur le terrain, et des menaces bien réelles conduisant à affaiblir le sens et la portée de la laïcité, non seulement à l’école, mais aussi à l’hôpital, dans les services publics, dans les entreprises, en un mot dans la société française contemporaine. Pour l’école, l’appui massif des chefs d’établissement et des équipes éducatives témoigne de l’ardent besoin d’une loi de clarification et d’apaisement, là où les ambiguïtés et les insuffisances de la jurisprudence et des circulaires ministérielles n’ont souvent servi qu’à aviver les tensions. Face aux dérives communautaires qui - prenons-en conscience- ne l’épargnent pas, l’école doit être protégée, préservée.

Pourquoi cette loi s’inscrit d’abord dans le cadre scolaire ?

-  Jacques VALADE : L’école est, par la nature même de sa mission, au coeur du dispositif laïque républicain. C’est à l’école que se forge et se cimente cet idéal de liberté, d’égalité, de tolérance et de solidarité. C’est par l’école que la laïcité a fait son entrée dans la société française. L’école, pour être publique, n’est pas l’espace public de la rue ou des halls de gare. Les lois et valeurs de la République doivent trouver à s’y appliquer avec plus de rigueur et de fermeté qu’ailleurs. Il n’est pas responsable de transiger avec le respect des règles communes dans le lieu même de leur transmission. Comme l’a rappelé le Premier Ministre, la laïcité, « c’est aussi une forme de grammaire entre tous les Français pour que toutes les religions puissent vivre ensemble ». Pour faire vivre la laïcité, il faut d’abord la faire comprendre, afin que chacun soit en mesure de se l’approprier. Puisse le projet de loi qui nous rassemble aujourd’hui susciter l’adhésion unanime qu’a gagnée, au fil des années, cette loi fondatrice tant combattue lors de son adoption, garante de paix sociale et du respect des consciences de tous et de l’engagement de chacun.

Quelle est la portée symbolique de cette loi ?

-  Jacques VALADE : Il faut rappeler que cette loi n’est en rien synonyme de sanction ou d’exclusion. Cette loi ne s’oppose pas aux religions, elle ne nie pas le fait religieux à l’école. Elle vise à garantir à l’institution scolaire un espace de neutralité, de respect mutuel et de paix, indispensable à la sérénité de la mission éducative. Le repli communautaire, l’enfermement sectaire, la crispation identitaire au travers de l’extériorisation ostensible d’une appartenance religieuse, n’ont pas leur place dans le lieu de l’émancipation, de l’apprentissage du vivre ensemble et de l’acquisition des connaissances et de l’esprit critique qu’est l’école.

Le ressenti d’un flou juridique a abouti, sur le terrain, au développement d’une sorte de droit local ou coutumier, reposant sur des compromis provisoires. Cette situation, par définition précaire et contestable, constitue de fait une rupture du principe d’égalité. La conséquence en est une perte de sens des valeurs laïques, et des incertitudes de la signification de la laïcité à l’école. Céder sur le port des signes religieux, symboles qui s’affichent comme des étendards, c’est s’engager dans un engrenage périlleux. Les auditions de syndicats d’enseignants nous font prendre conscience, en effet, que se profilent, au sein des établissements scolaires, des dérives inacceptables comme par exemple la contestation du contenu de certains enseignements, en particulier des cours de sciences naturelles ou d’histoire, relatifs à la naissance de l’islam, à la Shoah ou aux évènements du Proche Orient. Comme l’a rappelé le Président de la république la laïcité n’est pas négociable, il ne faut pas, face aux intégrismes, céder sur nos principes républicains.



-  Jacques VALADE est Sénateur de Gironde, Président de la Commission des Affaires Culturelles et Rapporteur du projet de loi relatif à la laïcité.

Retrouvez : le rapport de Jacques VALADE

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