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Accueil - Interventions en séance publique - Projet de loi relatif aux libertés des universtés

Discours de Jean-Pierre Fourcade, sénateur des Hauts-de-Seine

Mes premiers mots, madame, seront pour vous féliciter d’avoir pris en charge ce texte aussi attendu que redouté, aussi nécessaire que combattu. Nous verrons dans quelques semaines les remous provoqués par les mesures courageuses que vous proposez.

J’ai pris connaissance du texte, j’ai étudié le rapport de la commission, j’ai entendu le président Valade qui connaît par coeur ce dispositif. À condition que soient acceptés les amendements de la commission, le projet va dans le bon sens. Certes, ce n’est qu’une première étape, mais nous l’attendons depuis vingt-cinq ans ! Le moment est donc venu de l’engager.

Je ne ferai pas à l’analyse critique du système universitaire actuel, car nous connaissons toutes les données, mais je poserai trois questions auxquelles je souhaite avoir quelques éléments de réponse. Premièrement, pourrons-nous conserver une orientation universitaire à quatre branches, dans le cadre du dispositif LMD, qui s’impose à nous et constitue un élément essentiel de la compétitivité mondiale pour nos universités ? En effet, après le bac, nous avons d’un côté les STS, les IUT et les classes préparatoires, d’un autre les universités, à côté d’elles les grandes écoles, enfin les organismes de recherche. Malgré les passerelles et les synergies, il sera évidemment difficile de maintenir ce système. J’ajoute que BTS et DUT sont délivrés après deux ans d’études supérieures, alors que tous les pays s’orientent vers un premier diplôme en trois ans. Comment maintenir la spécificité française ? Ne faudra-t-il pas rebâtir une licence en trois ans pour éviter le choc des premières années suivies sans réussite et se glisser dans le mécanisme mondial ?

Deuxièmement, je suis frappé par les critiques adressées à l’absence de sélection dans l’université, alors que c’est une conséquence, non une cause. Ne faudrait-il pas s’occuper davantage d’orientation dans les lycées ? J’en ai quatre dans la ville que j’ai longtemps administrée. Les élèves de troisième, de seconde, de première et de terminale ignorent totalement quelles filières offrent des débouchés ; ils n’ont aucune idée des langues étrangères, de l’informatique et des sciences les plus modernes nécessaires pour envisager ces carrières. Il faut donc améliorer la formation des professeurs de lycée afin qu’ils puissent mieux orienter leurs élèves. Nous éviterions ainsi des essais touristiques dans les formations sans perspectives de carrière, je ne précise pas lesquelles...

Enfin, j’ai lu dans le rapport que, pour certains bons esprits, nos quatre-vingt-cinq universités sont trop nombreuses. Faut-il concentrer le dispositif ? Je ne le pense pas ! Il manque à ce projet -ce sera peut-être la deuxième étape- un élément de souplesse et de compétitivité : la possibilité de créer de nouvelles universités. Lorsque des structures deviennent des mammouths, comme disait M. Allègre, avec des conflits internes qui bloquent tout progrès, la création d’universités nouvelles par des gens dynamiques créant des liens avec l’ensemble des autres structures de formation améliorerait le paysage et donnerait davantage de vie au texte proposé. Celui-ci constitue un premier pas.

La gouvernance est quelque chose de très important. J’approuve le budget global, à condition qu’une administration tatillonne ne le découpe pas en rondelles, comme nous l’avons vu dans les hôpitaux, avec des pourcentages impérativement consacrés à tel ou tel domaine. Vous devrez donc faire preuve, madame, d’une vigilance extrême envers vos fonctionnaires afin que le budget global ne soit pas saucissonné. Les universités doivent pouvoir recruter des chercheurs internationaux de haut niveau et les payer en conséquence, sans que le contrôleur financier ne s’y oppose en invoquant la rémunération d’un ingénieur des Ponts-et-Chaussées ou d’un professeur de collège. La souplesse doit être totale. Je pense que votre texte la permet. Je l’adopterai donc bien volontiers.

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