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Accueil - Interventions en séance publique - Projet de loi relatif aux libertés des universtés

Discours d’André Lardeux, sénateur du Maine-et-Loire

La réforme de l’université est une des nombreuses arlésiennes de notre système sociopolitique ; je me réjouis donc que le texte du gouvernement l’engage enfin. C’est nécessaire au regard de l’état de l’université française, dont le plus grand scandale est le taux d’échec en premier cycle. Ce projet de loi ne peut toutefois n’être qu’un premier pas sur la voie d’une modernisation plus ambitieuse de nos universités. Il est bon de généraliser l’autonomie, bon aussi de resserrer les conseils d’administration qui ne doivent plus être des comités Théodule. En sortira-t-il des managers dignes de ce nom ? On peut en douter ; le risque est grand de voir désignés ceux qui feront le moins de vagues, les adeptes du consensus mou. Les mouvements d’évitement de certains présidents d’université lors de la crise du CPE ne me rassurent pas. Un mandat de huit ans, c’est un compromis acceptable.

J’ai noté également les dispositions relatives au patrimoine immobilier, qui ne devraient pas poser de problème lorsque celui-ci appartient à l’État ; mais il faudra préserver les intérêts des collectivités locales qui ont contribué à sa création ou à son amélioration, et qui parfois en sont propriétaires. La modulation des obligations de service est une bonne chose ; quid cependant de la façon dont elle s’appliquera aux titulaires ?

Le texte est cependant d’une grande timidité sur deux points majeurs : l’entrée à l’université et les droits d’inscription. Notre système universitaire repose sur une profonde hypocrisie ; s’y côtoient des secteurs à forte sélection, classes préparatoires, grandes écoles, et d’autres ou règne le laisser-aller le plus total. Pour le tout venant de nos universités, c’est le refus obstiné, contraire à l’intérêt des étudiants eux-mêmes comme au bon fonctionnement des établissements. La sélection à l’entrée au mastère était un progrès, mais le flot des corporatismes et des conservatismes l’a emportée.

La sélection à l’entrée en première année est d’autant plus nécessaire quand on voit ce qu’est devenu le baccalauréat. Sans aller jusqu’à ce mot de Paul Valéry -le baccalauréat est le certificat que donne l’État pour attester que celui qui l’obtient ne sait rien faire- je dirais que le baccalauréat pour tous, c’est le baccalauréat pour rien. Le plus inquiétant est que le laxisme de la notation gagne l’université, certains étant plus préoccupés par le maintien de filières dépassées que par l’avenir des étudiants. L’orientation ou la sélection à l’entrée est indispensable, sinon les titulaires du bac pro continueront de se fourvoyer, d’autres de s’engager en psychologie, en sociologie, en éducation physique, en histoire de l’art, pour des diplômes dévalués qui ne mènent à rien, des milliers d’autres d’échouer en première année de droit alors que des filières manquent de candidats. Ce sont les enfants des classes populaires qui continueront de faire les frais de cette sélection par l’échec sur laquelle tout le monde ferme les yeux. Il faut aussi penser à ceux pour qui, après le mastère, la seule issue est le doctorat, alors que le nombre de places est très réduit.

J’en viens aux droits d’inscription. Alors que la dépense par étudiant reste insuffisante par rapport aux grandes écoles ou aux pays étrangers, nous préférons hypocritement la gratuité, ce qui revient à faire payer par le peuple les études des enfants de la bourgeoisie tout en privant les universités de moyens. Il est vrai que l’université n’est pas la seule responsable ... En tout cas, une hausse des droits d’inscription suppose un système de bourses et de prêts digne de ce nom, aussi la constitution de filières débouchant sur l’emploi.

La coalition des corporatismes et des conservatismes a triomphé sur ces deux points. Je suis frappé de voir le conservatisme de ceux qui prétendent représenter les étudiants, plus préoccupés de sécurité et de retraite que de l’aventure de la vie ; ils ont 20 ans à l’état civil, mais pas dans leur tête ! L’égalitarisme a encore de beaux jours devant lui, au détriment de l’équité !

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