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Accueil - Interventions en séance publique - Projet de loi relatif aux libertés des universtés

Discours d’Henri Revol, sénateur de Côte-d’Or

Voilà vingt-cinq ans que l’on évoque la nécessité d’une plus grande autonomie et d’une meilleure gouvernance des universités. Aux râleurs professionnels qui dénoncent une prétendue précipitation, nous pouvons répondre que la concertation a été dense et approfondie. Il n’est que de considérer l’écart entre la première rédaction du projet de loi et celle qui nous est soumise.

Je salue, madame la Ministre, l’impressionnante maîtrise de ce difficile sujet dont vous avez fait preuve. Le président Valade doit être remercié pour avoir ouvert à tous les sénateurs les auditions Il était grand temps de réformer la gouvernance des universités. J’ai longtemps représenté les collectivités locales dans les conseils d’administration d’écoles, maternelles et primaires, de collèges, de lycées -et d’universités. Je puis vous dire que rien n’est pire que ce que j’y ai vu, malgré la compétence et le calme de présidents confrontés à des conseils pléthoriques. On y gagne son paradis sur terre ! Je ne puis donc qu’approuver la réforme que vous en proposez : il n’y a pas lieu que chaque administrateur représente une seule discipline ou une seule catégorie. L’administrateur est le représentant de la communauté universitaire tout entière, de même qu’un conseiller municipal est le représentant de la commune tout entière. Il faut raisonner en termes de démocratie, non de corporatisme !

J’approuve aussi que le président d’université puisse vérifier les compétences de ses enseignants-chercheurs, en évitant à la fois le localisme et les effets de la trop grande attractivité de Paris. Nous ne voulons pas de profs-TGV !

La sélection à l’entrée des universités ? L’épouvantail n’a pas à être brandi. S’il y a bien eu 83 % de candidats reçus au baccalauréat, ceux-ci ne représentent jamais que 63 % de leur classe d’âge et nombre d’entre eux se dirigent vers des formations courtes qualifiantes. Paradoxalement, les bacheliers classiques hésitent moins à le faire que les bacheliers professionnels, dont beaucoup vont buter sur l’échec en première année d’université. Je suis frappé par l’ignorance et l’indécision où sont une bonne partie des bacheliers. Peut-être par manque d’information, peut-être par insouciance, certains hésitent entre l’histoire de l’art et le droit...

Bref, il faut informer au plus tôt sur les orientations possibles, dès la classe de seconde, en faisant appel à des représentants des divers métiers. Il faudra aussi se soucier des lieux où vivent et travaillent les étudiants. Comment étudier convenablement dans des locaux marqués par ce délabrement, cette saleté, cette insécurité ?

Je souhaite aussi que l’on incite à de vrais partenariats entre les laboratoires de recherches, qu’ils soient publics ou privés. Je visitais récemment la grande université de Pékin -un campus remarquable par l’excellence des conditions qu’il offre- et j’y ai vu des sociétés privées travailler dans les laboratoires de recherche.

L’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques a visité un laboratoire pharmaceutique exploité en collaboration avec l’université de Toulouse.

Le classement de Chang-Hai est aussi critiquable qu’on voudra mais il est devenu une référence mondiale pertinente. Dans cette perspective, nous devons créer des pôles de recherche et d’enseignement supérieur, et leur donner un nom les identifiant et qui soit propre à la communication.

Pensons aussi aux grandes écoles : ceux qui ont bien usé de la gouvernance ne doivent pas être mis à l’écart des dispositions sur l’autonomie. Ainsi ferait-on un pas vers la mise en cohérence de nos grandes écoles et de nos universités. Ce projet de loi est historique. Il fait entrer nos universités dans le XXIème siècle. N’oublions jamais que les universités les plus réputées du monde sont autonomes !

Je ne saurais conclure sans tresser les louanges de la commission des affaires culturelles, de son brillant rapporteur et de son président.

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