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Le grand malentendu

Par Louis de Broissia, sénateur de la Côte-d’Or
Le Figaro, mardi 25 février 2003

Nous savons tous que la France et les Etats-Unis sont liés par une solide et ancienne amitié. Ces deux peuples n’ont jamais hésité à verser leur sang l’un pour l’autre : au XVIIIe siècle, La Fayette pour l’indépendance américaine et, au siècle dernier, les Américains pour la nôtre, à deux reprises.

Cela étant, l’identité française (et européenne) n’est pas, et ne peut être, l’identité américaine. La France a vécu tout au long de son histoire une « vieille » cohabitation avec les religions chrétiennes, judéo-chrétiennes et avec l’islam ; ce qui lui donne le droit et le devoir de s’exprimer, avec l’expérience acquise, ce qui n’est pas le cas des Américains.

Il ne suffit pas de manifester (c’est uniquement pour la galerie médiatique) : nous avons l’obligation, avec Jacques Chirac, d’affirmer fermement l’identité française par rapport à l’identité américaine. Et nous devons nous interroger :

1. Non sur le régime de Saddam Hussein : il est trop affreux pour être défendu...

2. Mais si, à la lumière des prémices redoutées d’une seconde intervention armée en Irak, se jouerait l’équilibre du monde démocratique ?

D’un côté, une Amérique surpuissante, sûre de son droit, de sa force économique, de ses capacités militaires, blessée (par la première fois de son histoire) au coeur de sa ville phare.

De l’autre, une Europe, vieux continent qui se cherche, qui a vécu sur son sol des régimes de dictature ou d’oppression (communiste entre autres), qui sort de bien des meurtrissures et qui construit pas à pas une Union économique, politique et diplomatique.

Enfin, une Asie, marée humaine, riche de marchés potentiels, peu organisée politiquement, mais superinventive ou superindustrialisée en devenir.

C’est l’identité française (ou européenne) qui agace le plus nos amis américains. Apprenons mutuellement à nous respecter : l’Amérique et l’Europe sont sorties de l’interminable guerre froide issue du partage inique de Yalta, c’est une chance pour le monde qu’elles apprennent qu’après le temps du rapport de force vient celui du dialogue. Il ne se limite pas à l’Irak, ni au pétrole, mais il englobe la politique alimentaire (via l’agriculture française et européenne), la diversité culturelle (la télévision, le disque), l’énergie, l’environnement : ne cédons pas à l’Amérique sur ces terrains-là.

La crise du Moyen-Orient doit être traitée non pas de manière simpliste « guerre ou paix » , mais de façon durable : « domination d’un continent ou développement durable ». C’est le parti de la France qu’incarnent avec justesse le président de la République, le gouvernement et une opinion très attentive.

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