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Les ratés de Galileo placent l’Europe spatiale devant ses responsabilités

Par Henri Revol, sénateur de la Côte-d’Or et Christian Cabal
Le Figaro , mardi 5 juin 2007

Avec son projet Galileo de positionnement et navigation par satellite, l’Union européenne subit aujourd’hui l’épreuve des faits. Face à la menace d’un terrible échec, le constat et les propositions du vice-président de la Commission européenne, Jacques Barrot, empreints à la fois de réalisme et d’ambition pour l’Europe, méritent le soutien de la France et de ses partenaires. Service conçu dès 1994 par le département de la Défense des États-Unis pour des usages militaires, le GPS ( Global Positioning System ) est un service fourni gratuitement aux utilisateurs civils, qui, professionnels ou particuliers, le plébiscitent à travers le monde et dans toutes les couches de la société.

Le GPS constitue ainsi un vecteur extraordinaire pour la puissance américaine, puisqu’elle en détient seule la clé de fonctionnement, tandis que les recettes fiscales générées par les activités développées sur la base du GPS sur le sol américain financent, en partie, ses coûts d’investissement et de fonctionnement. Constatant la multiplication des utilisations du GPS, l’Union européenne a pris la décision de principe, en 2001, après de longues tergiversations, de construire son propre système, Galileo, les premiers financements datant de 2002. L’office parlementaire d’évaluation avait déjà mis la pression en 2001 pour pousser à sa réalisation.

Nous avons, dans notre rapport de 2007, tiré la sonnette d’alarme. En effet, une organisation complexe, mélangeant les financements publics et privés, et multipliant les structures bureaucratiques, a été mise en place qui butte aujourd’hui sur le mur de son inefficacité. 2010 devait être la date prévue pour l’ouverture du service Galileo.

2012 est plus probable, si toutefois le projet ne tombe pas définitivement à l’eau. La solution proposée par Jacques Barrot consiste à faire reprendre la charge de l’investissement d’infrastructure - 30 satellites et les stations au sol - par l’Union européenne et éventuellement les États membres, à mobiliser l’Agence spatiale européenne (ESA) pour conduire l’opération et pousser les feux en sélectionnant les entreprises les plus performantes. Le partenariat public privé, choisi comme solution de départ, est certes une grande idée mais qui ne peut toutefois traiter des projets de l’envergure de Galileo, plus de 3 milliards d’euros, dont les revenus commerciaux sont aléatoires et où les responsabilités - notamment les accidents éventuels dus à une défaillance, peu probable mais à prendre en compte, du système - pourraient susciter des coûts d’assurance grevant l’addition.

Pour combler huit années, au minimum, de retard sur les États-Unis, l’Union européenne doit, comme le propose la Commission européenne, à l’initiative de Jacques Barrot, faire le choix du réalisme et de l’efficacité à tous les niveaux. Compatible avec le GPS, Galileo en sera complémentaire en améliorant précision et sécurité. Instrument potentiellement remarquable pour la sécurité et la défense, Galileo devra afficher clairement sa dimension militaire, quitte à consentir, pour obtenir l’adhésion de tous nos partenaires, la mise en place d’un système de double clé avec l’Alliance atlantique.

Fondamental pour la souveraineté et la compétitivité européennes, Galileo devra enfin devenir une priorité des investissements de l’Union. Lancées à toute vitesse dans le développement d’applications liées au positionnement par satellite, plusieurs régions européennes, comme la Bavière, le Latium, Midi-Pyrénées, ont compris quel gisement d’emplois constitue Galileo et soutiennent les sociétés de services de ce nouveau secteur. La Russie avec le système Glonass, la Chine avec son système Beidu, bientôt l’Inde en ont aussi compris l’intérêt capital.

Puisse l’Union européenne faire en sorte que l’Europe spatiale tourne avec Galileo ! * Respectivement député UMP de la Loire et sénateur UMP de la Côte-d’Or, rapporteurs de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, coauteurs du rapport « Politique spatiale : l’audace ou le déclin ».

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