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La France doit-elle se doter d’un réacteur de troisième génération EPR ?

Encore un effort Mme Fontaine !

par Henri Revol, sénateur de la Côte-d’Or et Claude Gatignol
Le Figaro, mercredi 22 octobre 2003

Tout et n’importe quoi a été dit, ces dernières années, sur les perspectives ouvertes à l’énergie nucléaire dans notre pays. D’aucuns se plaisent, en effet, à laisser croire qu’il existe une alternative à la production de courant électrique par notre parc électronucléaire. Il y a dans ce propos une hypocrisie qu’il convient de dénoncer et un danger auquel tous nos concitoyens doivent être sensibilisés.

Aujourd’hui, les quatre cinquièmes du courant électrique consommé par la France sont produits par les centrales nucléaires. Pour l’avenir, deux défis s’imposent à nous :

Celui de l’environnement : nous nous sommes interdits d’accroître nos émissions de gaz à effet de serre, afin de répondre aux objectifs fixés par le protocole de Kyoto ; Celui du niveau de vie des Français : la demande de courant augmente d’environ 2 % par an et cette tendance sera sans doute confortée par la croissance prévisible de climatisation induite par la récente canicule. C’est dans ce contexte qu’il convient d’analyser les critiques adressées par certains aux partisans de la solution nucléaire et le reproche fait à ces derniers de refuser le développement des énergies renouvelables. Cette dernière allégation est fausse. Nul parmi les hommes politiques responsables ne conteste la nécessité d’accroître progressivement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français. Mais il est illusoire de s’imaginer qu’elles constituent une solution alternative aux modes de production existants, eu égard au caractère limité et le plus souvent irrégulier du volume d’électricité qu’elles permettent de produire. Tout doit être mis en oeuvre pour que les autres modes de production d’énergie rejettent le moins possible de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Or, le nucléaire permet de produire du courant sans émettre un centimètre cube de CO2. Reste, nous dira-t-on, la question des déchets. En la matière, le nucléaire subit le contrecoup de la « légende noire » que diffusent ses détracteurs. Qui se préoccupe du sort des millions de tonnes d’émissions nocives qui sont dispersées dans l’atmosphère par les centrales thermiques ? Par comparaison, les déchets nucléaires ont le mérite d’être confinés ! Qui le dit ? Et ceux-là même qui en dénoncent l’existence contestent l’opportunité de trouver les moyens de les détruire.

Nos concitoyens sont désireux de disposer d’un service public continu et égal pour tous, à un prix raisonnable, et les choix énergétiques de la France ont jusqu’ici permis de le leur assurer. Pour assurer la pérennité de ce système, il nous faut, dès à présent, envisager les conditions de sa modernisation. Les centrales nucléaires conçues dans les années 1970 et 1980 devront être renouvelées à partir des années 2010-2020. Dès lors, les décideurs français sont confrontés à l’option suivante : soit considérer qu’il faut se préparer, dès à présent, à construire un modèle de remplacement, plus sûr, plus économe et plus productif ; dans ce cas, il faut lancer dès à présent le programme EPR. Soit choisir la politique du « fil de l’eau » et attendre que soient construits les réacteurs de 4e génération qui n’existent actuellement que « sur papier » et n’entreront en fonction, au plus tôt, qu’en 2050. La question est à la fois technique et politique.

Nous fondant notamment sur les conclusions très claires de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques sur ce sujet, nous sommes convaincus que choisir cette seconde option reviendrait nécessairement à encourager des modes de production d’électricité plus polluants. Sinon, comment attendre 2050 ?

Nombreux sont les pays qui nous achètent des technologies développées sur notre sol, alors même que cette activité créatrice d’emplois et de richesses est discutée dans l’Hexagone. Le très récent choix de la Finlande d’engager des négociations exclusives avec Areva en vue de construire un cinquième réacteur nucléaire en est une nouvelle illustration.

D’un point de vue plus général, il nous semble essentiel de dépassionner ce débat et d’éclairer l’opinion publique, à qui d’aucuns tentent de faire croire à l’absence de débat. Ceux-là ont-ils déjà enterré le grand débat national sur l’énergie qui s’est déroulé tout au long du premier semestre de cette année ? N’opposons pas développement des énergies renouvelables, relance de la politique d’économies d’énergie et lancement du réacteur nucléaire EPR. Il s’agit de trois volets indispensables et complémentaires d’une politique énergétique soucieuse à la fois d’environnement, de sécurité des approvisionnements et donc d’indépendance et de compétitivité économique. Telle est la politique que nous défendons.

En manifestant son attachement à la mise en oeuvre rapide du programme EPR, madame le ministre de l’Industrie a prouvé avec pragmatisme et courage qu’un politique pouvait aller à contresens d’un sentiment qui pousse à la pusillanimité et au report de décisions nécessaires à des lendemains qui pourraient déchanter. Il importe que les politiques de toutes sensibilités soutiennent cette initiative, bonne pour la France de l’innovation et de la recherche, pour les entreprises et pour l’emploi. Notre société ne doit pas oublier que c’est grâce au progrès technique et à l’accroissement des richesses que l’on obtient le progrès social.

Henri Reviol : Sénateur de la Côte-d’Or, président du groupe d’études de l’énergie du Sénat.
Claude Gatignol : Député de la Manche, président du groupe d’études de l’énergie de l’Assemblée nationale.
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