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La rue de Solferino et le projet de Constitution européenne

La stratégie d’évitement socialiste

Par Hubert Haenel, sénateur du Haut-Rhin
Le Figaro, vendredi 30 avril 2004

Il y a deux manières de faire de la politique : pour ses idéaux ou pour ses intérêts ; pour les valeurs auxquelles on croit ou pour le souci de ménager l’avenir ; pour son pays ou pour soi-même... et, selon sa conception, on peut s’attaquer aux problèmes ou les esquiver.

Telle est la réflexion que m’inspire l’attitude du Parti socialiste dans le débat sur la Constitution européenne dont il semble vouloir délibérément se mettre hors-jeu. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’une des principales formations politiques de notre pays refuse obstinément de prendre position sur le sujet le plus important du moment, alors même que, pour la première fois dans l’histoire, les peuples ont la possibilité de faire entendre leurs voix avant la signature d’un nouveau traité européen.

Quelle belle occasion, en effet, leur offre le prochain renouvellement du Parlement de Strasbourg de dire « oui », « non », et même « oui, si... » au projet de Constitution qui sera de nouveau sur la table du Conseil européen moins d’une semaine après les élections ! Cette élection donne à chacun une opportunité sans précédent d’adresser un message aux chefs d’État et de gouvernement en accordant son suffrage à la liste qui aura défendu sa conception de l’Europe de demain !

Mais, pour cela, encore faut-il que les propositions de la Convention soient au coeur de la campagne électorale... hypothèse qui relève d’une évidence que le PS ne veut pas voir. Alors que nos compatriotes aspirent à être éclairés sans tarder sur leurs enjeux, le Parti socialiste annonce qu’il ne se prononcera que sur le texte définitif, c’est-à-dire après les élections du 13 juin ! Or, les jeux seront faits... En choisissant de ne pas choisir, en préférant la fuite en avant au débat public, en optant pour le report à plus tard, les dirigeants socialistes risquent de porter une lourde responsabilité : celle de ne pas avoir voulu agir lorsque l’occasion leur en était donnée et de devoir choisir entre la peste approuver un traité dont le contenu ne leur conviendrait pas et le choléra s’opposer à une ratification qui conduirait à l’isolement de la France sur la scène européenne.

Pourtant, les élus socialistes ne se sont pas toujours abrités derrière un mur de silence : pour avoir participé pendant seize mois à toutes les réunions de la Convention, pour avoir eu la chance d’être parmi ces responsables politiques de vingt-huit pays qui, un jour de juillet 2003, adoptèrent ses conclusions à la quasi-unanimité (à la seule exception des souverainistes irréductibles), je peux témoigner que tous les conventionnels de la famille socialiste qui se sont alors prononcés l’ont fait pour se féliciter des résultats obtenus et pour inviter le Conseil européen à les reprendre à son compte.

Certes, certains d’entre eux avaient émis des regrets (mais qui n’en avait pas sur un texte qui devait recueillir l’assentiment de tous par consensus). L’ensemble des conventionnels représentant le gouvernement et le Parlement français avaient en particulier considéré que les propositions n’allaient pas assez loin dans la gouvernance économique et sociale. Pourtant, la future Constitution européenne, si elle est adoptée en l’état, marquera un certain progrès social par rapport à la situation actuelle. Que ce progrès soit insuffisant, on peut en discuter... mais c’est précisément ce que le PS refuse de faire.

Pourquoi ? Parce qu’il ne veut pas trancher le débat entre les enragés (prêts, quel qu’en soit le prix à payer, à s’opposer à une Constitution qui ne répondrait pas exactement à leur vision sociale de l’Europe) et les réalistes (qui savent bien que ce qu’ils appellent de leurs voeux ne pourra jamais être atteint sur un sujet qui exige l’accord unanime de vingt-cinq États) ; tant pis si cela affaiblit la France dans les négociations. La recherche de l’unité du parti l’emporte sur l’intérêt du pays.

Cette conception de la politique n’est pas la mienne et je sais qu’elle n’est pas non plus celle de nombreux socialistes qui ont été à la pointe du combat pour l’adoption d’une Constitution européenne. C’est à eux que je voudrais m’adresser : souvenez-vous des efforts que nous avons faits ensemble au sein de la Convention pour réussir à surmonter à la fois les clivages nationaux et politiques. Et souvenez-vous aussi que la politique, au sens noble du terme, est l’art de faire des choix et de les assumer dans la continuité.

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