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QOAD de Gérard César - Application de la loi d’orientation agricole - 7 novembre 2006

QOAD de Gérard César - Sénateur de la Gironde - 7 novembre 2006 - Application de la loi d’orientation agricole - Intervention de Jacques Blanc, Sénateur de la Lozère

Jacques Blanc :

Monsieur le ministre, pour être bref et pour répondre à la demande de M. Gérard César, j’entrerai d’emblée dans le vif du sujet qui me préoccupe, à savoir la montagne.

Lors de l’examen du projet de loi d’orientation agricole, vous avez pris en compte un certain nombre de questions, parmi lesquelles figure l’agriculture de montagne, qui fait d’ailleurs l’objet du chapitre III du titre IV, intitulé « Garantir les conditions d’une agriculture de montagne durable ».

Vous avez déclaré le 27 octobre 2006 à Ax-les-Thermes, lors du XXIIe congrès de l’Association nationale des élus de la montagne, que la loi d’orientation agricole a donné une force opérationnelle aux différentes actions pour l’agriculture en montagne.

Mais qu’il me soit permis de vous interroger sur quelques points précis.

L’article 79 de la loi d’orientation agricole, premier article du chapitre III consacré à l’agriculture de montagne, prévoit que « les dispositions législatives et réglementaires relatives au domaine de la montagne sont regroupées dans un code de la montagne ».

Monsieur le ministre, compte tenu des réticences des services à élaborer un tel code, nous avons besoin de votre volonté politique pour faire avancer ce dossier.

Il ne faudrait d’ailleurs pas que, dans ce code, le périmètre de la montagne soit le plus limité possible. Le code de la montagne doit être pilote et non « suiveur » d’autres codes, comme le code de l’urbanisme, le code de l’environnement ou le code général des collectivités territoriales, quel que soit leur intérêt.

Il conviendrait également de s’assurer que les zones de montagne qui sont délimitées de façon précise, avec des critères européens, par leur altitude, leur climat ou leurs pentes, répondent à cette classification spécifique.

Ce serait une erreur, quel que soit l’intérêt des politiques de massifs, d’assimiler montagnes et massifs. Il y a une politique propre de la montagne dans les massifs.

Monsieur le ministre, l’article 80 prévoit la prise en compte des handicaps naturels de l’agriculture de montagne par des mesures particulières visant notamment à compenser financièrement les surcoûts qu’ils génèrent.

Je ne vais pas dresser la liste de ces mesures, mais peut-être serait-il intéressant de saisir l’opportunité de ce débat pour faire rapidement le point sur la revalorisation de l’indemnité compensatoire de handicap naturel, l’ICHN, question sur laquelle vous avez fait des déclarations positives, sur le problème de la prime herbagère agrienvironnementale, sur les plans de modernisation des bâtiments d’élevage ou sur l’aide à la mécanisation. Je connais votre volonté, mais il est important que nos agriculteurs de montagne, se référant à vos réponses, gardent confiance.

Avec les articles 83 et 85, le Sénat, répondant aux souhaits du groupe d’études sur le développement économique de montagne que je préside et qui rassemble des sénateurs issus de tous les groupes de la Haute Assemblée, a prévu l’obligation, pour « les sections ou commissions consacrées aux produits portant la dénomination ? montagne ? des organisations interprofessionnlles » de se réunir « au moins une fois par an pour établir un bilan de l’attribution de cette dénomination aux produits pour lesquels elles sont compétentes », ainsi que la désignation de commissions spécialisées consacrées aux produits de montagne au sein des comités de massifs. Il s’agit de faire en sorte que le label « montagne » soit synonyme de qualité, et nous avons toujours été très vigilants sur ce point.

De nombreux débats ont eu lieu, mais j’aimerais savoir si ces commissions sont désormais opérationnelles.

Je souhaite également appeler votre attention sur l’article 62, qui est relatif à la maîtrise des aléas.

Il s’agit de la prise en compte de la « fragilité accrue au regard des aléas de certains territoires, notamment ceux de montagne et des départements d’outre-mer, en particulier pour ce qui concerne la définition des dommages assurables », afin qu’une approche moins restrictive à l’égard des calamités agricoles soit adoptée. C’est en effet un sujet qui a entraîné de nombreux problèmes d’assurance.

Un décret doit préciser les modalités d’application de l’article 62, complétant l’article L. 361-20 du code rural. Dans quels délais ce décret doit-il être publié ? Il semble qu’il y ait de nombreuses difficultés à cet égard.

Enfin, le Gouvernement a entrepris une action très importante afin que cette approche de la montagne soit prise en compte au niveau européen. Les choses avancent un peu, me semble-t-il, mais il est essentiel que l’Europe prenne conscience de la nécessité de maintenir une agriculture en montagne, d’abord parce que cette dernière donne des produits de très grande qualité - ces productions font appel à des techniques agrienvironnementales - qui doivent être reconnus et valorisés comme tels, ensuite parce qu’elle assure le maintien de nos espèces et de nos paysages. N’oublions pas que c’est l’Europe qui a inventé en 1972 la « prime à la vache tondeuse ».

Cette prime, qui visait à maintenir les sols, a permis aujourd’hui, certes après transformation, de maintenir l’agriculture en montagne.

Mes chers collègues, que seraient nos montagnes s’il n’y avait pas eu cette politique agricole européenne ? Il est tout de même bon de lui rendre hommage de temps en temps ; mais encore faut-il qu’elle persiste. Nous devons nous battre pour les prochaines années, et nous mobiliser tous pour que l’Europe n’oublie pas cette réalité.

Pour terminer, j’évoquerai la viticulture, étant moi-même à l’origine d’un amendement, qui a été adopté, visant à ce que « la dénomination ?vins de pays ?, suivie d’une zone de production ou d’un département », soit reconnue comme « mention valorisante ».

Cette mention est importante pour des producteurs de vins de pays qui ont consenti d’énormes efforts et qui souffrent - Gérard César ne me démentira pas. L’ancien président de la région Languedoc-Roussillon que je suis connaît non seulement les efforts faits par nos viticulteurs, mais aussi leurs angoisses et la situation redoutable que vivent actuellement un certain nombre d’entre eux. Et il sait que l’appellation « vins du pays d’Oc » constitue une démarche formidable dans la région Languedoc-Roussillon.

Monsieur le ministre, j’aimerais savoir où en est cette mesure nouvelle visant à permettre la reconnaissance de ces signes de qualité, associant cépage et terroir ou département, afin de répondre à l’attente, parfois un peu angoissée, de nos viticulteurs.

Enfin, je voudrais souligner que vous vous êtes battu contre d’autres ministères, notamment avec le ministère des finances - mais c’est le lot permanent des ministres de l’agriculture, et je sais que, même si ce n’est pas toujours facile, vous le faites avec une grande conviction -, pour défendre l’agriculture.

L’agriculture constitue une chance pour la France et pour l’Europe ! Ne laissons pas courir le bruit que la politique agricole commune ruinerait l’Europe, alors que c’est la seule politique commune européenne !

En effet, les financements apportés par l’Europe à la politique agricole ne sont pas comparables à ce qui peut se faire dans d’autres secteurs où l’Europe, certes, intervient, mais où elle le fait dans le seul cadre d’une volonté partagée pour aller au-delà de l’action menée par les États.

Ne comparons pas la politique agricole commune et les mesures financières relatives au développement de la recherche et des technologies. Dans ce domaine, nous pouvons être fiers de ce qui se fait dans notre pays. J’étais hier avec M. le ministre délégué à l’enseignement et à la recherche à Agropolis, le grand pôle de recherches agronomiques de Montpellier, mondialement connu ; j’étais fier du savoir-faire de la France dans ce domaine, et fier également de l’avoir un peu accompagné.

Monsieur le ministre, je vous remercie de l’action que vous menez ; nous allons vous aider pour que les autres ministères, Bercy notamment, ne bloquent pas certains projets.

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