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QOAD d’André Dulait - Mode de gestion des crises africaines - 5 octobre 2006

QOAD d’André Dulait - Sénateur des Deux-Sèvres - 5 octobre 2006 - Mode de gestion des crises africaines - Intervention de Philippe Douste-Blazy, Ministre des Affaires étrangères

Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères :

Monsieur le président, monsieur le président de la commission des affaires étrangères, mesdames, messieurs les sénateurs, je tiens tout d’abord à vous remercier d’avoir organisé ce débat général sur l’Afrique et surtout à saluer la qualité, la justesse et la pertinence de l’important rapport d’information que M. Dulait a consacré à la gestion des crises africaines.

C’est bien sûr à ma collègue Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, qu’il revient de répondre aux principales questions que vous avez posées, monsieur Dulait, dès l’introduction de votre rapport : Faut-il intervenir militairement dans les crises en Afrique ? Qui peut intervenir militairement en Afrique ?

Avant de lui laisser la parole, ainsi qu’à Brigitte Girardin, chargée des questions relatives au développement, et qui suit personnellement le difficile dossier ivoirien, je vous remercie, monsieur le président, de me donner l’occasion de dire pourquoi le fait d’apporter une réponse aux crises africaines constitue aujourd’hui une des grandes priorités de notre diplomatie et pourquoi elle suscite de notre part un engagement résolu et renforcé.

Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’Afrique est vouée au chaos ou à l’enlisement et qu’il importe seulement par précaution ou par devoir moral d’en limiter les effets ou la contagion.

L’Afrique de ce début de siècle, mesdames, messieurs les sénateurs, c’est d’abord un continent dont la population a été multipliée par cinq en cinquante ans, passant de 150 millions à 800 millions d’habitants entre 1950 et 2000, et dont les deux tiers de la population ont aujourd’hui moins de vingt-cinq ans.

C’est aussi un continent dont la croissance moyenne est désormais durablement supérieure à la croissance mondiale et atteint même le triple de la croissance européenne. En 2006, selon le FMI, le Fonds monétaire international, la croissance de l’Afrique subsaharienne dépassera 5 % pour la neuvième année consécutive. Les investisseurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés puisque les flux internationaux et financiers vers le continent africain ont doublé depuis trois ans.

L’intervention croissante des grands partenaires du Sud, au premier rang desquels la Chine, mais aussi le Brésil, l’Inde et l’Iran, l’ampleur nouvelle des financements des pays arabes sont des signes tangibles.

En ce début de siècle, l’Afrique devient donc un enjeu stratégique de premier plan.

Ainsi, parmi tous les grands sujets qui sont aujourd’hui au coeur non seulement de l’agenda diplomatique international, mais également des préoccupations croissantes de nos concitoyens et de nos opinions publiques, j’en citerai cinq, qui tous me paraissent prioritaires et concernent très directement l’Afrique.

Il s’agit d’abord du terrorisme, et n’oublions pas que, avant d’atteindre New York en septembre 2001, Al Qaida avait déjà frappé, il y a près de dix ans, le Kenya et la Tanzanie. Il s’agit aussi des migrations, de la sécurité énergétique, de l’environnement et de la santé.

Ces thèmes représentent des enjeux majeurs et comportent des risques partagés. À ce titre, ils impliquent de notre part une mobilisation accrue et, surtout, collective. Ils ne seront gérés de façon efficace qu’en liaison étroite avec l’ensemble des partenaires concernés, ceux du Nord comme ceux du Sud. Au même titre que les conflits régionaux, la gestion de ces risques transversaux doit être un axe fort de notre action diplomatique.

C’est tout l’objet de l’initiative UNITAID, lancée par le président Chirac et le président brésilien Lula, pour faciliter la mise à disposition de médicaments adaptés aux besoins des pays du Sud, grâce à la mise en place d’une « contribution citoyenne » sur les billets d’avion. Elle a d’ores et déjà suscité l’adhésion de quarante-trois pays et illustre tout l’intérêt d’un partenariat nouveau, fondé non plus sur la compassion et le don, mais sur un intérêt mutuel.

Cette nécessité accrue d’une action collective et coordonnée de la communauté internationale est aussi au coeur du règlement des conflits qui secouent aujourd’hui de nombreux pays du continent africain.

Aucune crise aujourd’hui ne peut se résoudre indépendamment des intérêts et des préoccupations des pays voisins ; on le voit bien au Soudan, la situation du Darfour déstabilisant ses neuf pays voisins, notamment le Tchad et la République centrafricaine, dont j’ai encore rencontré le président hier matin.

Aucune crise ne peut trouver de solution en dehors d’un cadre collectif, qui garantit l’appui et l’engagement de la communauté internationale. Aucune crise ne sera résolue sans la prise en compte de l’ensemble des facteurs qui y contribuent, notamment ceux qui touchent au partage des ressources naturelles et aux équilibres de développement.

Généralement de faible intensité militaire, les crises africaines s’inscrivent, en revanche, souvent dans la durée. Elles s’étendent sur de vastes territoires au sein desquels l’autorité des États ne s’exerce plus. Elles sont entretenues par des acteurs le plus souvent imperméables au dialogue. Les premières victimes sont les populations civiles, notamment les jeunes, qui n’ont d’autre perspective que l’enrôlement dans les milices ou les rébellions, avec le risque de provoquer, comme je viens de l’évoquer, une déstabilisation régionale.

Les crises qui frappent ce continent sont de plus en plus complexes, leur stabilisation de plus en plus coûteuse. C’est pourquoi il est indispensable, comme vous le soulignez, monsieur le sénateur, de poursuivre la réflexion, afin d’adapter notre politique aux évolutions rapides de l’Afrique contemporaine.

La France n’entend pas se désengager d’un continent dont elle est proche, et avec lequel elle entretient depuis si longtemps des relations privilégiées. Elle entend continuer à exercer pleinement son rôle dans cette région du monde à laquelle elle est liée non seulement par l’histoire, par des liens culturels et humains tissés dans la durée, mais surtout par un avenir nécessairement commun.

Aujourd’hui, il faut adapter notre politique à la nouvelle donne géopolitique du XXIe siècle, à l’apparition de nouveaux enjeux, à l’entrée en scène de nouveaux acteurs et de nouveaux partenaires. Il faut associer nos moyens à ceux de nos partenaires et des institutions multilatérales, afin de construire un partenariat durable, garant d’un intérêt mutuel.

La France a longtemps privilégié le cadre bilatéral. Ce type d’intervention est désormais révolu parce qu’il est tout simplement inefficace. Comme vous le rappelez dans votre rapport, monsieur le sénateur, la France n’a plus vocation à être « le gendarme de l’Afrique ».

Nous privilégions aujourd’hui la démarche multilatérale, qui seule garantit la légitimité de notre action. Les interventions militaires françaises sont désormais menées dans le cadre de mandats confiés à l’ONU, l’Organisation des Nations unies. Cette approche présente plusieurs avantages. Elle assure un partage non seulement des risques et des coûts bien sûr, mais également des responsabilités opérationnelles sur le terrain.

Depuis le début de cette législature, la France s’est ainsi efforcée de mobiliser l’ensemble des grandes organisations internationales dont elle est membre - le Conseil de sécurité, le G 8, l’Union européenne et le FMI - en les sensibilisant notamment au risque collectif que constitue désormais l’enlisement ou la contagion des crises africaines.

En Côte d’Ivoire, nous avons saisi, dès 2002, le Conseil de sécurité, qui s’implique depuis lors pleinement dans ce dossier difficile, ainsi que les bailleurs multilatéraux. En République démocratique du Congo, c’est la France qui a accepté de fournir, sans délai, l’essentiel du contingent de l’opération Artémis et d’en être la nation-cadre. Première opération européenne effectuée en dehors du continent européen et sans l’appui de l’OTAN, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, l’opération Artémis a permis d’éviter une crise qui aurait pu conduire à une remise en cause de l’ensemble du processus congolais. L’opération EUFOR, conduite actuellement pour assurer la sécurité du déroulement du processus électoral, s’inscrit dans la continuité de cette action.

Depuis le conflit des Grands Lacs, qui a déstabilisé une partie de l’Afrique centrale puis, plus récemment, avec la crise ivoirienne et surtout le conflit du Darfour, qui représente pour moi le conflit le plus grave et le plus lourd de menaces pour le continent africain, la mobilisation de la communauté internationale s’est considérablement renforcée.

Oui, je le répète, le Darfour est pour moi le conflit le plus préoccupant du continent africain dans la mesure où il présente un triple risque.

Ce conflit risque d’entraîner tout d’abord une crise humanitaire majeure, avec près de 300 000 morts, essentiellement des civils, et près de 2 millions de déplacés, dont 200 000 à 300 000 réfugiés au Tchad.

Il présente également un risque politique, à savoir l’implosion du Soudan avec la remise en cause de l’accord Nord-Sud, conclu en 2004, après vingt ans de guerre civile.

Il peut aussi créer une déstabilisation de toute la région, au Tchad et au sein de la République centrafricaine tout d’abord, mais également au-delà, suivant le phénomène de dominos bien connu. En outre, l’Union africaine a accepté, le 21 septembre dernier - j’étais alors à New York -, de prolonger sa mission sur le terrain jusqu’en décembre prochain. Cette décision est sage et responsable. Nous travaillons à renforcer les moyens dévolus à cette opération en particulier avec nos partenaires de l’Union européenne et en liaison avec les Nations unies.

Enfin, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, avec la résolution 1706, de mettre en place une opération de maintien de la paix de 17 000 hommes destinée à appuyer la mise en oeuvre de l’accord d’Abuja et à assurer la sécurité des populations civiles.

À cet égard, nous devons travailler dans trois directions : augmenter et améliorer l’équipement de l’Union africaine, afin d’accroître son efficacité jusqu’au 31 décembre ; faire en sorte que cet accord de paix soit signé par d’autres groupes rebelles qui l’ont refusé - j’en ai d’ailleurs parlé avec le président de l’Union africaine il y a quarante-huit heures à Brazzaville - ; et engager le dialogue avec Khartoum. Nous devons nous mobiliser aux côtés des membres de la Ligue arabe et de tous ceux du Conseil de sécurité des Nations unies pour expliquer aux autorités de Khartoum qu’elles doivent accepter le dialogue et le processus de paix.

Monsieur le président, je me suis permis de parler du Darfour, car il me semble que l’on ne peut pas aujourd’hui, au Sénat, dans le cadre du débat relatif à la gestion des crises africaines et au multilatéralisme, ne pas parler de ce sujet. Khartoum refuse les forces de l’ONU, à nous d’expliquer qu’il faut faire au nord ce qu’elle a accepté au sud.

Aujourd’hui, plus des deux tiers de l’agenda du Conseil de sécurité des Nations unies sont consacrés aux conflits africains. Quant au coût annuel moyen des opérations de maintien de la paix sur ce seul continent, il atteint désormais près de 5 milliards de dollars par an.

Face à cette évolution, la France a travaillé à renforcer tant l’implication de l’Union européenne que l’engagement des Africains en faveur de leur propre sécurité.

À cet égard, si l’Union européenne dispose, certes, de moyens importants et fournit un cadre de premier ordre à cette ambition multilatérale, il convient toutefois de renforcer encore la cohérence de ses instruments d’intervention.

Dans cette perspective, le Conseil européen de décembre 2005 a adopté une « Stratégie de l’Union européenne pour l’Afrique ». Celle-ci comporte un volet essentiel concernant la paix et la sécurité. Par ailleurs, une réflexion portant sur un « concept européen de renforcement des capacités africaines de prévention, de gestion et de résolution des conflits » se poursuit. Il s’agit de construire dès maintenant un partenariat stratégique avec l’Union africaine et les organisations régionales.

Parallèlement, l’Union européenne s’est dotée de nouveaux instruments d’intervention. La Facilité européenne pour la paix en Afrique a ainsi autorisé l’utilisation des moyens du fonds européen pour le développement, le FED, permettant ainsi de financer les efforts faits par les pays africains en matière de gestion des crises ou les opérations africaines de maintien de la paix.

Cela étant dit, comme vous le soulignez dans votre rapport, monsieur Dulait, il importe que les interventions européennes soient mieux perçues et mieux comprises par nos partenaires, notamment les États africains. Il est nécessaire qu’elles soient plus lisibles, notamment dans leurs modes de financement.

Il n’est pas rare que la complexité de certaines opérations entraîne l’action prépondérante d’une ou deux nations, ce qui conduit à diminuer grandement la visibilité de l’Union européenne sur la scène africaine. Un effort prioritaire devra donc être mené à l’avenir pour faciliter la mise en place rapide des opérations souhaitées.

Le règlement des crises africaines suppose également que la capacité des Africains à gérer leur sécurité collective soit confortée.

La politique française en Afrique repose désormais en grande partie sur l’appropriation. C’est dans cette optique que le projet RECAMP de soutien aux capacités africaines de prévention et de gestion des crises a été conçu. Je me réjouis de constater que nos partenaires de l’Union européenne nous rejoignent désormais sur ce programme d’initiative française.

C’est dans cet esprit que le Président de la République a décidé de faire évoluer le dispositif des forces prépositionnées, afin d’accompagner au plus près la montée en puissance de la force africaine en attente, la FAA, de l’Union africaine.

Parallèlement, nous poursuivons notre appui spécifique auprès de chacune des organisations régionales comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO, la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale, CEMAC, et la Communauté de développement de l’Afrique australe.

La mission de nos forces s’oriente ainsi vers des partenariats régionaux en lien étroit avec les grandes puissances que sont l’Afrique du Sud et le Nigeria et dont vous avez d’ailleurs, à juste titre, souligné l’importance, monsieur Dulait.

L’Union africaine apporte une légitimité indispensable à l’appropriation et son rôle ira croissant dans l’intégration de ce continent, j’en suis convaincu. Il est vrai qu’elle est encore à ses débuts et qu’elle se heurte, dans l’immédiat, ce qui est normal, à un manque de capacités et de coordination. Les résultats limités de sa mission au Darfour, dont vous avez rappelé tout à l’heure les vicissitudes, illustrent l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir. Il est donc essentiel de proposer des solutions rénovées et adaptées afin de soutenir l’engagement des États africains.

Voilà, monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, ce que je souhaitais vous dire ce matin.

Il est essentiel de mesurer que le règlement définitif des crises passe par le renforcement de notre effort en faveur du développement.

Comme ma collègue Brigitte Girardin vous le dira tout à l’heure, dans la plupart des pays concernés, c’est l’absence de perspectives concrètes qui contribue à enliser les conflits. Dès lors, il est indispensable de tout mettre en oeuvre pour que, vis-à-vis de tous les acteurs concernés, et en premier lieu les jeunes, les dividendes de la paix apparaissent définitivement supérieurs aux intérêts de la guerre.

Il faut rompre le cercle vicieux qui conduit les bailleurs de fonds à suspendre leur coopération dès l’éclatement d’une crise, en attendant la conclusion du processus politique. Il est, au contraire, essentiel que les bailleurs, par un appui spécifiquement ciblé sur la sortie de crise - et nous sommes encore insuffisamment énergiques et dynamiques en la matière -, contribuent, dès le début du processus, à construire ces perspectives sans lesquelles aucune sortie de crise dans un pays pauvre ou détruit n’est possible.

C’est dans ce cadre que de nouvelles priorités ont été définies pour notre coopération et notre aide au développement. L’accent a été mis en particulier sur la restructuration des forces armées et de police, la réforme de la justice, le soutien aux administrations financières, la réinsertion des ex-combattants et des enfants soldats, ainsi que le retour des populations déplacées et réfugiées. Nous devons, par conséquent, persévérer dans cette voie.

Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, notre politique de gestion des crises africaines est parfois mal comprise.

À travers le maintien d’une présence militaire et l’implication de forces françaises dans le cadre d’opérations internationales de stabilisation, nous sommes accusés à la fois d’abandonner l’Afrique, en laissant le champ libre aux institutions multilatérales, et de continuer à mener une politique qualifiée par certains de « néocolonialiste ».

Aucune de ces deux lectures ne correspond à la réalité. C’est non pas d’un abandon de poste qu’il s’agit, mais d’un changement de posture. Le seul souci de la France est un souci d’efficacité. Sa seule ambition est de contribuer à l’avenir du continent africain, et, par là même, au nôtre.

Je souscris à vos préoccupations, monsieur Dulait, lorsque vous soulignez la nécessité de mieux communiquer. Cela implique de faire oeuvre de transparence et de pédagogie à l’attention non seulement des Africains, mais aussi de l’opinion publique française tout entière.

Aujourd’hui, je suis convaincu que l’Afrique peut et doit être la « nouvelle frontière » de ce XXIe siècle. C’est là un enjeu stratégique, qui exige audace, ambition et respect. Il s’agit de construire un nouveau partenariat entre le continent européen et le continent africain, de créer de nouvelles relations, plus équilibrées, respectueuses et confiantes.

Notre passé commun, notre histoire commune - avec, il est vrai, ses complexités, ses incompréhensions, voire, parfois, ses déchirures - doivent nous amener à construire un avenir partagé pour faire face, ensemble, aux risques de fractures du monde contemporain, mais aussi à ses formidables enjeux.

Tout doit être entrepris pour faire de la jeunesse, de la vitalité et de la créativité de cet immense continent une chance, pour lui d’abord, bien sûr, mais aussi pour l’Europe et pour la France !

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